Elle a eu la frayeur de sa vie, mais Véronique Platteeuw va bien. Duathlon, course à pied, trail : cette sportive bien connue dans la région se souviendra longtemps de sa sortie d’entraînement de jeudi dernier.

"Je n’ai pas l’habitude de m’épancher et de raconter ma vie sur les réseaux sociaux, mais là, j’avais envie de partager ce qui m’était arrivé pour sensibiliser les gens et plus particulièrement les femmes qui font du jogging. J’ai beaucoup d’amies joggeuses. Je me rends compte que pendant plus de 20 ans, je n’ai sans doute pas été assez prudente."

Alors qu’elle courait sur des chemins de remembrement en plein milieu des champs entre Rumes et Esplechin, Véronique Platteeuw s’est retrouvée quasi nez à nez avec un individu nu de la tête aux pieds. La citoyenne de La Glanerie nous raconte.

"Je passe souvent à cet endroit et je n’ai jamais eu peur auparavant. Je suis donc entrée dans un chemin qui fait environ 1 kilomètre de long, mais qui a la particularité de compter un angle droit et de se trouver entre deux champs de maïs. J’étais dans les 500 premiers mètres lorsque j’ai aperçu un homme qui restait statique. De loin, j’ai vu qu’il portait un bonnet ainsi qu’un masque. J’ai d’abord cru qu’il avait mis un vêtement couleur chair avant de comprendre : hormis son masque et son bonnet, il était totalement nu."

Sans chaussures

Véronique précise que l’individu ne portait même pas de chaussures.

À ce moment, elle aurait pu faire demi-tour mais a au contraire choisi de poursuivre sa route. "Si je faisais demi-tour, j’avais peur qu’il ne me prenne en chasse. Je l’ai vu prendre l’angle droit et quand je suis arrivée dans le tournant, il n’était plus là. À part se cacher dans les champs, je ne vois pas où il a pu aller. Pour ma part, j’ai commencé à accélérer pendant plusieurs centaines de mètres en n’arrêtant pas de me retourner pour voir s’il n’allait pas surgir du champ."

Finalement, l’homme n’est pas réapparu. Il n’a rien tenté contre Véronique, mais tout de même. S’agit-il d’un véritable détraqué ? D’un exhibitionniste peut-être ? Il faut savoir qu’il était 18 h 30 et qu’il faisait donc encore bien clair.

"Il n’a manifesté aucun geste, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’il attendait une proie, assure Véronique. À première vue, je dirais qu’il pouvait avoir entre 45 et 60 ans. Ce n’était pas un tout jeune. Et il était de corpulence assez forte. Voir son visage était assez difficile. De toute façon, dans la panique, je pense que je ne l’ai même pas regardé au niveau du visage."

Véronique Platteeuw a averti la police. Cette histoire ne va pas l’inciter à ne plus courir, mais bien à modifier ses habitudes.

"Dès le lendemain, je suis ressortie pour m’entraîner, mais désormais, je prends mon téléphone."

Et pas que ça… Véronique va aussi faire attention à courir dans des zones plus urbanisées, en évitant les petits chemins isolés.

Logiquement, une femme devrait pouvoir courir n’importe où sans avoir la boule au ventre. Logiquement…