Tournai-Ath-Mouscron Ludivine Colmant a décidé d’ouvrir son propre magasin de seconde main. Avec succès.

Se lancer comme indépendant reste pour beaucoup un pari risqué ou à tout le moins une grande aventure. Ludivine Colmant, elle, n’a pas foncé tête baissée, mais sa détermination à devenir sa propre patronne a pris le dessus sur d’autres considérations et en 2015, elle a franchi le pas en créant à Blaton son magasin de seconde main, CL Mode. Son leitmotiv ? Des vêtements à petits prix accessibles à toutes les bourses. Le concept fonctionne et Ludivine, qui fêtera bientôt ses 32 ans, a encore d’autres projets. Rencontre.

Ludivine, quel a été votre parcours professionnel ?

"J’ai toujours aimé m’habiller, suivre un peu la mode. J’aurais voulu effectuer mes études dans le stylisme mais financièrement, c’était difficilement abordable. J’ai donc commencé une formation de décoratrice d’intérieur, ce qui restait un domaine créatif. J’apprécie la customisation, les couleurs. Au final, je n’ai pas terminé mes études là-dedans."

Vous vous êtes alors lancée dans la vie professionnelle.

"Oui, en tant qu’aide ménagère, pendant 8 ans, ce qui m’a permis aussi de concilier ma vie professionnelle avec la vie de famille et d’élever mon premier enfant."

Mais avec toujours dans un coin de la tête le souhait de monter votre propre affaire.

"Tout à fait et c’est la raison pour laquelle à un moment, j’ai commencé à suivre des cours du soir en gestion pour savoir où j’allais."

L’idée du magasin de seconde main, c’est venu tout naturellement ?

"Encore une fois, j’ai toujours aimé m’habiller et chiner. Mais quand je me rendais dans des magasins de seconde main, je trouvais que les prix étaient trop élevés. Sans doute parce que ces magasins ne faisaient que les marques ou presque. Moi, j’ai voulu démarrer sans marques, pour que tout le monde puisse se permettre d’acheter des vêtements. Au fil du temps, j’ai commencé à faire entrer des marques aussi et maintenant, j’ai les deux types de vêtements. Mais ce n’est pas parce que j’ai des marques que j’achète ou que je vends plus cher."

Justement, comment procédez-vous ?

"Les gens viennent me déposer leurs vêtements que je garde un jour ou deux pour trier et voir ce que je vais pouvoir conserver et vendre en magasin. Ensuite, je leur propose un prix et je mets tout sur facture et je paie directement. Je n’achète jamais à plus de 5 € pièce. Et je revends au maximum 10 €."

Vous vous limitez aux vêtements ?

"Non, j’ai aussi des foulards, des bijoux et des chaussures."

Vos clients viennent d’où ?

"Principalement de la région, de Blaton, Bernissart, Tournai. De France aussi. Le bouche-à-oreille fonctionne bien. J’ai une dame qui est venue de Jurbise. Même si je fais les hommes, dames et enfants, ce sont plutôt les femmes qui poussent la porte du magasin. Elles choisissent souvent pour leur mari."

Avez-vous dû effectuer un gros investissement financier ?

"J’ai dû investir 3 000 €. C’était la base. Sinon, que ce soit au niveau des tringles ou des vêtements, j’ai tout acheté sur des brocantes. Je ne voulais pas me mettre dans le rouge financièrement mais au contraire tenir la route à long terme."

Il y a un an, vous avez déménagé vers la place de Blaton. Pourquoi ?

"Au départ, je louais une surface commerciale à 100 mètres de là, puis j’ai eu l’occasion d’acheter avec mon mari sur la place avec la possibilité d’habiter sur mon lieu de travail. Quand j’ai démarré le magasin, j’étais déjà mère de famille. Et ensuite, mon deuxième enfant a été élevé en quelque sorte au magasin. Mon fils vend les vêtements avec moi ! Quand j’ai décidé de devenir indépendante, j’avais une situation et j’ai quelque part quitté un poste stable. J’ai dû attendre un moment avant de pouvoir me verser un salaire. Mais pour rien au monde je ne changerais ma vie aujourd’hui. Je n’ai vraiment aucun regret."