Ceci n’est certainement pas un testament politique. Pas vraiment non plus une interview. Ça aurait pu (dû) l’être, mais c’est vite devenu une conversation. Nous avons gommé les questions pour ne conserver que les réponses.

  • 1. SON PARTI

Je l’ai assez dit, je n’étais plus en phase avec la ligne de mon parti. Je reprécise : la ligne défendue par le président est légitime. Simplement, ce n’est pas celle que je souhaite. Je me suis donc retiré. Mais à aucun moment je n’ai songé à aller voir ailleurs. Je suis libéral je mourrai libéral. Libéral mais pas conservateur.

  • 2. SON PRÉSIDENT

Avec Georges-Louis, nous ne sommes pas d’accord, mais nous n’avons jamais cessé de nous parler en face. Nous nous respectons pleinement. Les seules personnes que je ne supporte pas sont celles qui trahissent ou celles qui frappent dans le dos. Mais a priori je n’ai aucun souci avec les personnes qui ont une autre pensée que la mienne.

  • 3. SA RIVALE

Marie-Christine Marghem ? Nous sommes irréconciliables. C’est sans regret, et il n’y a rien d’autre à dire (NdlR : au moins là-dessus, ils sont d’accord).

  • 4. SON EX-FF À FRASNES

Jacques Dupire, c’est différent. C’est allé trop loin. Avec un peu moins d’orgueil, de part et d’autre, on aurait pu régler ça autrement. Je dis bien : de part et d’autre. C’est dommage, mais enfin c’est comme ça…

  • 5. SA BOURGMESTRE

Ce que je ne regrette pas, c’est l’arrivée au maïorat de Carine de Saint-Martin. J’ai toujours pensé qu’il faut former des jeunes, et que le moment venu, il faut pouvoir se retirer et leur faire confiance. lls ne feront pas les choses comme vous l’imaginiez ? Peu importe. Je considère que partir au top, c’est partir à temps. Et ce n’est pas nécessairement trop tôt, comme d’autres le pensent.

  • 6. SON SUCCESSEUR AU GOUVERNEMENT

Sur le choix d’Adrien Dolimont (33 ans) au gouvernement, je donne tout à fait raison à Georges-Louis, bien sûr. Ce qui ne gâte rien, comme vous l’avez relevé, il connaît la Wallonie picarde par son épouse qui est d’Amougies.

  • 7. SON SUCCESSEUR EN WAPI

Hervé (Cornillie) est un garçon très brillant. Il a été pour moi un suppléant tout à fait remarquable et le redeviendra à l’automne (NdlR : nous avons expliqué ça mardi). Cela dit, il ne m’appartient pas d’orienter le choix de celui ou celle qui sera le/la numéro 1 du MR de Wallonie picarde aux prochaines élections (NdlR : nous avions avancé les noms de deux hommes et deux femmes, il en ajoute une kyrielle).

C’est vrai que beaucoup me voyaient comme un premier de cordée, sans doute encore en 2024, mais ce que je leur dis, c’est qu’ils y arriveront sans moi. Ils doivent s’entendre et se dire les choses en face (un leitmotiv). De ce point de vue, je trouve intéressante la manière "coactive" de travailler développée par le nouveau président de fédération, Vincent Palermo.

  • 8. SA (FAUSSE) DESTINATION

Mouscron : j’y ai de vrais amis, Philippe Bracaval, le président Declerck… et je m’entends aussi très bien avec la bourgmestre Brigitte Aubert. À un moment, je n’ai pas exclu l’idée d’y aller. Mais je n’ai pas non plus établi de plan en ce sens. Je n’ai pas acheté de maison, je n’ai pas acheté de terrain. Ni moi, ni ma femme, ni en société. Je sais qu’on a dit beaucoup de choses. À l’époque je me suis refusé à démentir.

  • 9. SA (VRAIE) DESTINATION

La Cour constitutionnelle, c’est vrai que Georges-Louis m’en a parlé dès 2019. C’est l’organe de régulation de notre démocratie, appelé à être de plus en plus sollicité. Un organe essentiel. Mais je n’y songeais pas, j’étais ministre, et j’ai donc dit non à plusieurs reprises. Dès l’instant où j’ai renoncé à une carrière politique, les choses se sont présentées sous un jour nouveau. Ce travail intellectuel m’attire. Vraiment.

  • 10. SA RELATION À L’ARGENT

Je ne dis pas que le travail à la Cour constitutionnelle serait mal rémunéré. Évidemment. Mais quand même deux choses : premièrement, en quittant volontairement le parlement wallon, je renonce à une indemnité de sortie de 230 000 €. Deuxièmement, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de sollicitations professionnelles qui me sont parvenues depuis lundi. Dont certaines s’accompagnaient de rémunérations très supérieures.

  • 11. SON APPRÉHENSION

Je présiderai encore une fois la conférence des bourgmestres et élus territoriaux, puis c’en sera pratiquement fini de la politique. J’entrerai alors dans un devoir de réserve. Mais ce n’est pas ça qui sera compliqué. Ce qui va me manquer, je pense, c’est cette forme d’osmose tellement particulière qui existe entre les hommes et femmes politiques. J’ai d’excellentes relations tous azimuts. Au niveau de la Wallonie picarde, je pense par exemple à Polo (Delannois), à Saskia Bricmont, à Brigitte Aubert… Et tant d’autres.

Quelques dossiers Wapi

"Je n’ai jamais regardé la provenance des dossiers à suivre. Juste leur qualité. Mais je veux bien faire le tour de quelques-uns en Wallonie picarde. Rien que pour les sports par exemple. Rumes, Brunehaut, Antoing (je pense au vélo), c’est en ordre. En fait, voyons plutôt ce qui reste à faire, pas toujours par le gouvernement wallon d’ailleurs, ça sera plus utile. Lessines: il y a la piste d’athlétisme qui est dans un état de délabrement… La Real, club de foot admirablement géré, mériterait aussi davantage de synergies. Tournai: la Région a fait le maximum possible pour le Skill, mais le club a du mal à boucler sa part personnelle dans le financement des travaux. Vu la qualité du projet, il mériterait un coup de pouce. Mouscron (école des sports/Excel): Saint-Jean est un homme intelligent et sage, il faut finaliser tout ce qui est entrepris, capitaliser sur sa présence. Les Collines: le dossier d’infrastructures sportives associant l’athénée d’Anvaing et une série de communes voisines doit pouvoir émerger. Avec Frédéric Daerden, on a travaillé à rendre ce type d’association possible à travers toute la Wallonie…"