À Tournai, comme ailleurs en Fédération Wallonie-Bruxelles, les cours ne se donneront pas en présentiel à partir de ce mercredi. En effet, ils se donneront à distance jusqu'à la fin de la semaine. Comment les écoles ont-elles accueilli cette nouvelle ? Le point à l'école des Frères avec sa directrice, Julie Delneste.

Attendiez-vous pareille mesure ?

"Non, pas vraiment. D'ailleurs, pour être honnête, je l'ai appris dimanche soir en regardant la télévision. Il y a un manque flagrant de communication de la part de la ministre à ce niveau. Nous avons eu deux jours pour préparer cette fin de semaine."

Concrètement, comme cela va se passer ?

"Les plus grands auront cours à distance pour quasi toutes les matières. Les cours se donneront d'ailleurs selon l'horaire habituel. Si une classe à cours de math le jeudi en première heure, cela restera le cas. Par contre, chez les plus petits qui sont moins habitués aux outils numériques, des dossiers papiers ont été distribués par les professeurs et ils seront corrigés à la rentrée."

Au niveau informatique, tous les élèves sont équipés pour les cours à distance ?

"Je dois dire qu'on a de la chance de ne pas être à la traîne au niveau numérique. On fonctionne par exemple depuis cinq-six ans avec la plateforme Smartschool. Je ne communique plus que via ce biais-là. Puis, nous avons lancé le projet Chromebook en début d'année pour les 4e secondaire et qui a bien fonctionné. Nous avons enfin prêté des ordinateurs pour ces trois prochains jours aux élèves des autres années qui n'en disposaient pas afin qu'ils puissent suivre ces cours à distance."

En quoi consiste le projet Chromebook ?

"Il s'agit d'un système de leasing d'ordinateurs pour les élèves de 4e. Les parents participent à hauteur de 60€ par an pendant trois ans tandis que la région Wallonne prend en charge 80€ par élève. Les étudiants peuvent après ces trois années acheter l'ordinateur pour une trentaine d’euros. Ils ont donc un ordinateur pour 210€ alors que la machine vaut un peu plus de 300€. L’ordinateur ne remplace ni les livres ni les cours mais est considéré comme un appui aux apprentissages. L’idée vise également à réduire la fracture numérique chez les jeunes. Un technopédagogue est enfin présent trois jours par mois à l'école afin de former les professeurs qui le souhaitent au numérique. Il y a plein d’application pour des cours spécifiques que l’on ne connaît pas et qui peuvent servir aux élèves."

Globalement, quelle est la situation sanitaire au sein de l'école ?

"Nous avons eu quelques cas positifs depuis le début de l'année. Une classe a notamment dû être fermée suite à trois cas positifs. Cependant, la situation est chez nous loin d'être catastrophique. C’est d'ailleurs essentiellement en 5e et 6e que se déclarent les cas. Nous n’en avons quasiment pas eu dans les autres années où il n’y a pas eu de grosse perturbation. Au niveau des professeurs, ça va aussi. À titre d’exemple, nous avons aujourd’hui deux professeurs absents. Ce qui n’est pas inhabituel."

Avez-vous peur d'un non-retour à l'école après les vacances ?

"C'est assez inquiétant. On se pose beaucoup de questions, on ne sait pas où on va, on ne sait pas si on pourra reprendre normalement. Plus généralement, on ne sait pas comment demain s'organisera, les mesures changent tellement souvent et rapidement. On parle aussi d’enseignement hybride où certaines classes auraient cours pendant que d’autres resteraient à la maison. Et la période d’examens arrive aussi. La session n’a pas encore été annulée, elle sera quoiqu’il arrive adaptée. On va cependant voir si on va pouvoir reprendre l’école avant de penser à cela. Je pense tout de même que, pour les plus grands qui n’ont plus eu d’examens depuis Noël l’année passée, ça serait bien qu’ils reprennent l’habitude de ce genre de période pour les préparer aux études supérieures."

Comment serait vécu un nouvel arrêt ?

"Cela serait compliqué pour tout le monde. On est inquiet par rapport aux apprentissages des élèves. Trois-quatre mois, on sait encore passer au-dessus. Mais si cela arrive encore, qu’est-ce que nous allons faire avec les élèves ? Certains ont déjà eu du mal à retrouver un rythme scolaire après six mois sans école, rien que le fait de se lever pour être à l'école à 8h par exemple. Sans oublier que pour certains élèves, l’école est une bouée de sauvetage..."