Tournai-Ath-Mouscron L’ancien joueur de l’Excelsior de Mouscron, Richard Vlcek a été condamné à 25 ans de prison pour tentative d’assassinat en Slovaquie. Il crie son innocence

En 1992, lorsque Richard Vleck est arrivé à Mouscron en 1992, le jeune Slovaque de 24 ans ne parlait pas un mot de français. C’est en Allemand qu’il s’exprimait avec André Van Maldegem, l’entraîneur de l’époque. Il était l’ami de Marian Peciar, qui a fait les beaux jours des Dauphins mouscronnois pendant de nombreuses années.

Ce dernier, alors international Tchécoslovaque, avait été élu lors de sa première saison à Mouscron meilleur joueur et meilleur buteur de championnat avec 104 buts au compteur.

Et c’est lors d’un voyage avec René Van Zeveren (international water-polo et ensuite tri athlète) à Bratislava pour dénicher un poloïste Russe que la rencontre avec Richard Vleck s’est déroulée.

Intéressé par le joueur, Jean-Pierre Detremmerie, alors président du club, invita Richard à passer un test à Mouscron. L’équipe étant complète, André Van Maldeghem, l’entraîneur de l’époque ne perdit pas Richard de vue et le fit venir de Bratislava l’année suivante.

Celui qui portait le n° 15 et arpenta pendant 3 ans le flanc droit de l’arrière-garde mouscronnoise (1 but - 12 cartes jaunes et une rouge à son actif). Il était devenu très proche de Nanou Gaziano et Dariusz Kasperek et était très estimé par les supporters Mouscronnois qui appréciaient son jusqu’au-boutisme.

André Van Maldeghem appréciait la rigueur et le professionnalisme de son arrière droit. Richard avait tout fait pour s’intégrer à la vie Mouscronnoise. Après un mois il se débrouillait très bien en français. Il était devenu le chouchou des jeunes Hurlus. Richard avait même été intégré dans un établissement scolaire communal où il donnait des cours d’éducation physique. Là aussi, il était apprécié. Et quand on connaît l’accueil et la chaleur des Mouscronnois, c’est un point important !

La vie de Richard, retourné au pays après son parcours de footballeur à l’Excelsior, a cependant basculé le jour où sa femme Zuzana, médecin pédiatre, dont il était séparé, a été tuée d’une balle dans la tête tirée par un inconnu dans une rue de Bratislava. La police a arrêté Richard quelques dizaines de minutes après le meurtre survenu le 23 novembre 2009.

Pas de preuve ni d'ADN

Les preuves n’ayant pas été retrouvées et les différentes analyses de la police scientifique s’étant avérées nulles, il a été relâché. Mais le beau-père de Richard Vleck, qui accompagnait sa fille au moment du meurtre a été blessé. Il a survécu.

L’homme, dans un premier temps, ne pouvait identifier le tireur. Cependant, cinq mois après les faits, à la sortie de l’hôpital, le beau-père a déclaré à la police que le tireur aux yeux vert brun était son beau-fils.

Le tireur portait un couvre tête qui le rendait méconnaissable et Richard a les yeux… bleus.

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La police n’a accordé aucun crédit à ce détail pourtant important. Aucune empreinte, frottis et autres test ADN n’étaient positifs et ne prouvaient sa culpabilité selon sa famille. Depuis ce jour de novembre 2014 où il a été arrêté à son retour d’Irlande à l’aéroport de Bratislava, Richard Vleck clame son innocence. Pire, il accuse la police de l’avoir fait tomber et d’avoir monté un dossier vide à charge car il a refusé le chantage d’un policier. Ce policier, selon les déclarations de Richard, lui aurait dit qu’il serait innocenté s’il lui donnait sa Mercedes ML.

Pour sa sœur Renata, que nous avons pu joindre, même la presse slovaque s’étonnait de la tournure prise par ce dossier et surtout du cours délais entre l’arrestation et le jugement 9 mois plus tard où il a pris 25 ans.

Richard avait demandé des reconstitutions pour prouver son innocence. Mais cela lui a été refusé, la Cour suprême estimant qu’il n’y avait aucun doute sur sa culpabilité.

Un appel à l'aide

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Faute d’être entendu dans son pays, Richard a pris la plume et a adressé un courrier à ses amis mouscronnois (voir ci-dessus). Il lance un cri de désespoir en espérant qu’exposer les faits dans les médias obligera les autorités judiciaires de son pays à rouvrir son dossier. "Je ne veux rien, seulement la vérité", écrit-il dans sa longue lettre. Renata, sa sœur, et Daniela, sa maman, n’espèrent que cela, elles aussi.