C’est la décision qui a été prise par le bourgmestre dans un arrêté.

Inaugurée en juin 2018 sur le site des anciens Textiles d’Ere, l’entreprise Omica Groups est spécialisée dans la collecte et le recyclage de résidus de broyage de véhicules automobiles. Un peu moins de deux ans plus tard, la société fait l’objet d’une ordonnance de cessation d’exploitation. Cette décision, prise par le bourgmestre de Tournai, s’explique par le non-respect du permis d’environnement

Rapidement après l’inauguration, des riverains ont fait savoir auprès de Paul-Olivier Delannois, vidéos à l’appui, certaines constatations interpellantes.

"J’ai pu constater de véritables nuages de fumée mais également toute une série de choses que les riverains avaient récupérées tant sur leur table de jardin que sur leur pelouse, détaille le mayeur de Tournai. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à avoir plusieurs P.-V. du département Police et Contrôle du SPW."

Cette situation a donc démarré en septembre 2018. Un premier P.-V. évoque alors le dépassement de la quantité de déchets autorisée. Idem un mois plus tard où la quantité dépassée est devenue encore plus importante. On parle en effet de plus de 11 000 tonnes de déchets au lieu des 2 500 autorisées… Face à cette situation, fin 2018, Paul-Olivier Delannois a montré le feu orange à l’entreprise.

"J’ai effectivement pris un projet d’arrêté de fermeture. Les responsables ont alors promis certaines mesures pour régulariser la situation, ce qui s’est produit."

Une régularisation qui aura été de courte durée puisque de nouveaux P.-V. auront été dressés. On en dénombre, au total, une dizaine. En ce qui concerne la quantité de déchets constatée, elle se chiffrait à 8 215 tonnes en novembre dernier.

"J’ai donc décidé de convoquer les responsables de l’entreprise pour leur signaler que le feu était désormais rouge. Finalement, ils ne se sont pas présentés, seul leur avocat étant présent."

Le bourgmestre a donc décidé, après réflexion et au regard des différents manquements, de prendre un arrêté ordonnant la cessation totale de l’exploitation.

"J’ordonne également la fermeture immédiate de l’établissement et l’apposition de scellés. Les responsables de la société sont également sommés d’évacuer l’ensemble des déchets présents sur le site." Aux dernières informations de la commune, on dénombrait cette fois plus de 15 000 tonnes de déchets sur le site…

Une constitution de garantie financière a enfin également été demandée aux responsables de l’entreprise.

"Elle s’élève à un peu plus d’un million d’euros pour ce qui concerne le coût d’évacuation de l’ensemble des déchets présents sur le site de la chaussée de Douai, détaille Paul-Olivier Delannois. Un autre montant, de 2,6 millions, a été demandé pour le coût de rapatriement en Belgique des déchets présents sur le site de la société française."