Rudy Demotte, Président de l'Eurométropole Lille-Coutrai-Tournai, a dernièrement adressé un courrier au Président de la République Emmanuel Macron, au Premier Ministre Alexander De Croo, ainsi qu'aux Ministres-Présidents wallon et flamand, Elio Di Rupo et Jan Jambon, afin de mettre en lumière la nécessité de la création d'un statut transfrontalier au départ de l'Eurométropole sur les questions qui touchent aux mesures qui découlent de cette crise sanitaire.

Pour rappel, l'Eurométropole est composée de 157 communes pour un total de 2,1 millions d'habitants dont quasi 800 000 frontaliers. Parmi ces derniers, 9 transfrontaliers sur 10 réclament un régime d'exception pour la zone transfrontalière. Un chiffre qui découle d'un sondage réalisé par le Forum de la société civile de l'Eurométropole en octobre et novembre derniers sur l'impact des mesures sanitaires et l'effet frontière.

"L’année 2020 a été compliquée pour tous, soulève Rudy Demotte. Elle aura toutefois permis de mettre en lumière la richesse et la densité de la vie transfrontalière dans tous les domaines : le travail, la famille, les amis, l’école et les commerces. Cet éclairage est d’autant plus vif dans les zones de continuum urbain où la frontière est physiquement invisible. Nous souhaitons pouvoir nous accorder sur un régime ad hoc, une sorte de statut transfrontalier qui prenne réellement en compte la situation spécifique d’une telle zone, de la vie de ses habitants, qu’ils soient d’un côté ou de l’autre de la frontière."

Rudy Demotte propose à ses différents interlocuteurs de s'appuyer sur les expériences collectées au sein de l'Eurométropole, notamment en 2020, ainsi que sur le travail piloté par la Mission Opérationnelle Transfrontalière qui a débouché sur le pacte de l'Alliance européenne pour les citoyens transfrontaliers, avec le soutien politique du Comité européen des Régions.

"Cette Alliance plaide pour que les décisions européennes et nationales offrent davantage de ressources et de pouvoir aux autorités frontalières, pour leur permettre d’approfondir leur coopération, au-delà des frontières nationales. Elle s’adresse aux autorités européennes et nationales. Pour cela, il est important que nous progressions concrètement dans la mise en œuvre d’une réelle Gouvernance transfrontalière qui donnera toute la cohérence nécessaire à l’organisation de la zone transfrontalière et, donc, aux décisions que nous prendrons ensemble, notamment au sein de l’Eurométropole."

Le but est de pouvoir apporter des réponses pragmatiques aux problèmes du quotidien pour les déplacements, le travail, la santé, la formation, la sécurité, les études, les loisirs ou encore l'amélioration de la qualité de l'environnement.

Des situations que connaissent bien les près de 50 000 habitants qui traversent la frontière chaque jour.