Indéniablement, la crise sanitaire de la Covid-19 aura eu un lourd impact financier. La deuxième vague de la pandémie semble même avoir eu des conséquences terribles en termes de précarité.

Comme l'explique effectivement Laetitia Liénard, présidente du CPAS de Tournai, si les chiffres étaient relativement stables entre mars et décembre 2020, la tendance est tout autre en ce début d'année.

"Les demandes d'aide augmentent fortement, assure-t-elle. En janvier, on relève 67 nouvelles demandes de revenu d'intégration sociale (RIS) et/ou d'aide sociale de ménages n'ayant jamais sollicité l'aide du CPAS. Au 11 février, on dénombre 40 nouvelles demandes, soit 170 nouveaux ménages." Des nouveaux dossiers qui sont essentiellement liés à des fins du droit aux allocations de chômage et des retards dans le paiement des allocations sociales.

"En outre, on observe une affluence des demandes d’aides financières pour les personnes qui ne sont pas dans les conditions d’obtention du RIS mais dont les revenus sont insuffisants afin d’honorer leurs besoins primaires comme le loyer, l'énergie, la nourriture, les médicaments, ... À titre indicatif, le Comité spécial du Service social a traité, à l’occasion des six réunions qui se sont tenues depuis le 1er janvier, 1215 demandes de RIS, 350 demandes d’aides sociales financières et 995 demandes d’aides sociales, soit un total de 2560 demandes."

Du côté de l'âge des demandeurs, la jeunesse n'est malheureusement pas épargnée puisqu'une part importante se situe entre 18 et 25 ans. "Déjà avant la crise, ceux-ci étaient nombreux, ils représentaient un tiers des 2000 bénéficiaires du RIS sur Tournai. La crise sanitaire aggrave toutefois leur situation, surtout pour ceux qui financent leurs études grâce à un job étudiant dont ils sont actuellement privés."

La présidente du CPAS tournaisien explique que 2021 sera une année difficile. Les chiffres ne correspondent d'ailleurs pas vraiment à la réalité de l'augmentation de la précarité puisque tous ne font pas la démarche de pousser les portes du CPAS. "Franchir le seuil du CPAS peut constituer un frein en raison d’une perception largement diffusée du CPAS comme étant une institution qui octroie uniquement une aide financière. Or, on peut s’adresser au CPAS pour d’autres types de demandes relevant de la guidance sociale afin de permettre aux personnes accompagnées de vaincre leurs difficultés de manière progressive par l’apport de conseils et de soutien."

L'occasion de rappeler que le CPAS gère une enveloppe de plus d'un million d'euros pour accompagner celles et ceux qui sont touchés par la crise sanitaire. Pour répondre aux différentes demandes, une ligne téléphonique a été mise en place au 069.884.445.

Enfin, Laetitia Liénard explique attendre des autorités fédérales et régionales qu'elles réagissent afin de financer l'engagement de travailleurs sociaux complémentaires. "La situation actuelle est intenable considérant que des délais de rigueur sont imposés pour répondre aux diverses et nombreuses demandes. La pression se fait de pus en plus ressentir sur les travailleurs sociaux au vu de l'affluence des demandes."