Voilà maintenant à peu près un an que la musicothérapie a fait son entrée au sein du Centre Hospitalier de Wallonie picarde. L'objectif est ainsi d'améliorer le confort du patient dans un moment de douleur aiguë ou chronique. Au sein de l'hôpital, on travaille ainsi avec une application élaborée par des musicothérapeuthes, Music Care.

Cette dernière est utilisée au sein de plusieurs services comme le bloc opératoire et la salle de réveil, le bloc d'accouchement et la procréation médicalement assistée, la pédiatrie, la cardiologie interventionnelle et dans le service d'imagerie médicale avec tout le service de sénologie et de la clinique du sein mais également en résonance magnétique. Le dernier service à avoir adopté la musicothérapie est ainsi celui de l'oncologie.

"Nous avons trouvé avec la musicothérapie un moyen non-pharmacologique qui permet au patient d'avoir un meilleur confort et de diminuer son état de stress et d'anxiété", signale Isabelle Dupuis, infirmière au CHwapi et responsable de ce projet.

Concrètement, lors d'un examen ou d'une intervention chirurgicale, il est demandé au patient s'il souhaite écouter de la musique. "La musique ne va pas remplacer l'antidouleur mais va permettre d'en diminuer la consommation."

Avec Music Care, 37 répertoires musicaux différents sont proposés au patient. Ce dernier peut alors choisir le style qui l'attire, allant du classique au jazz, en passant par le rock ou encore d'autres musiques du monde comme le reggae, le folk ou encore la musique celtique notamment.

"L'application permet trois séquences différentes, signale Isabelle Dupuis. La séquence en L pour les troubles du sommeil, en U pour les troubles de la douleur et de l’anxiété et la séquence en J pour stimuler vers le réveil." Du côté du CHwapi, les équipes travaillent régulièrement avec la séquence en U.

"Au début de ce programme musical, le rythme est assez soutenu. En général, c’est le reflet de l’état d’anxiété dans lequel le patient se situe. Progressivement, l’harmonie va diminuer. L’orchestration musicale va s’apaiser et on va aller vers un tempo de plus en plus doux, de plus en plus calme et serein. La conscience du patient va, indépendamment de ce qui le préoccupe, suivre le rythme musical. On va le porter vers un état de relaxation, de sédation non-pharmacologique. Un état de détente, de décrochage. La musique va être en accompagnement avec le patient. La séquence revient ensuite vers un mode musical plus stimulant qui va ramener le patient vers un état d’éveil."

Le CHwapi est également prescripteur de Music Care. "Un patient qui sent le bénéfice de l’application peut l’utiliser à domicile. Il lui suffira de télécharger le programme sur son smartphone pour suivre la musicothérapie depuis chez lui. C’est très important pour les patients qui ont des douleurs chroniques, qui sont en traitement de longue haleine comme les dialyses et les chimiothérapies. On leur préconise deux séances de vingt minutes par jour pour un effet de détente et de relaxation. C’est une sorte d’hypnose musicale qui donne un effet de bien-être qui est un vrai complément du traitement antidouleur. Cela représente 10€ par mois pour le patient, soit le prix pour un abonnement Spotify ou un autre service du genre, le premier mois étant gratuit."

Jeannine, une patiente, a pu tester la musicothérapie alors qu'elle a dû subir une biopsie mammaire. "J'étais extrêmement nerveuse et agitée intérieurement. J'avais peur de la situation que j'avais déjà vécu il y a une bonne dizaine d'années, nous explique-t-elle. Sauf que cette fois, cela s'est bien passé. Lorsque le docteur m'a demandé de fermer les yeux et d'écouter, je me suis sentie attirée par la musique. On se laisse aller et on ne fait pas attention à ce qui se passe autour de nous."

Jeannine est heureuse d'avoir pu bénéficier de la musicothérapie. © DELFOSSE


Une autre patiente, Nicole, a quant à elle testé pour la première fois la musicothérapie ce mardi à l'occasion de la même intervention.



La musique ne coupe enfin pas la relation entre le soignant et le patient. "Au contraire, il est très important d'avoir des paroles rassurantes envers le patient. Il faut choisir les bons mots, ceux qui soignent", conclut le Dr Marie-Anne Labaisse.