Les automobilistes devant se rendre au sein de la ville de Tournai tentent le plus possible d'éviter d'emprunter la rue Saint-Martin. Il faut dire que cette dernière est dans un état de délabrement plus qu'avancé. Même en y circulant le plus lentement possible, difficile d'ailleurs de faire autrement si l'on respecte son véhicule, il est compliqué de négocier certains passages.

"Ce ne sont plus des casse-vitesse mais des casse-voitures que l'on retrouve à la rue Saint-Martin, souligne justement la conseillère PTB Dominique Martin. C'est quasi impossible d'y circuler tant les trous sont très profonds. La réfection de cette rue est devenue une urgence. Je sais que l'accent a été mis sur les voiries au niveau des villages mais la rue Saint-Martin constitue un problème criant."

Benjamin Brotcorne, chef de groupe Ensemble, tirait le même constat en y ajoutant la rue de la Madeleine. "Leur état de délabrement est chaque jour plus criant, assure-t-il. Ces rues attendent toujours des travaux qui soient autre chose que des applications d'asphalte à froid. Nombreux sont les riverains à faire part de leur incompréhension face à cette situation."

Le bourgmestre Paul-Olivier Delannois (PS) explique que le Collège communal est bien conscient de ces problèmes. Au niveau de la rue Saint-Martin, des perspectives sont encore envisageables durant cette législature. L'échevine des Travaux, Laurence Barbaix (PS), confirme. "Nous avons réellement la rue Saint-Martin en point de mire. D'ailleurs, nous avons eu la bonne nouvelle d'apprendre que le PIC (Plan d'Investissement Communal NdlR), au niveau de la rue Royale, pouvait être retiré des subsides que nous recevions. Nous avons donc dégagé une petite manne qui était prévue pour la rue Royale et qui a déjà été réattribuée à la rue Saint-Martin."

Pour la rue de la Madeleine, c'est malheureusement un peu plus compliqué. "Je sais que les riverains ne sont pas contents et je les comprends tout à fait. Nous avons cependant un très gros problème parce que cela voudrait dire que le conseil communal s'engage pour toute l'année, voire pour deux ans, à prendre tous les budgets du PIC pour les mettre dans la rue de la Madeleine, cette rue fortement fréquentée, tant par des bus que par des camions."

Le problème se situe au niveau de l'égouttage qui se trouve en milieu de voirie. "S'il faut tout rouvrir, il faut vraiment aller très loin et il faudra remettre les égouttages sur chaque trottoir. Il faudra tout bloquer, redoubler l'égouttage et, bien entendu, s'occuper des raccordements aux maisons. On est donc parti pour un montant minimum de six millions d'euros rien que pour la rue de la Madeleine", rappelle Laurence Barbaix.  

Jean-François Letulle (Écolo), l'échevin de la Mobilité, a cependant insisté sur le fait qu'un travail est actuellement entrepris au niveau de la rue de la Madeleine, avec les instances de tutelle, pour malgré tout travailler sur la problématique de la vitesse.

Enfin, comme le conclut Paul-Olivier Delannois, ces chantiers doivent être gérés de manière réfléchie. "Nous travaillons sur la rue Royale, un axe très important en termes d'entrée de ville. Nous devons donc rester vigilants de ne pas lancer deux chantiers de façon identique sinon il deviendrait difficile de rentrer dans la ville."