Ces prochains jours, les résidents des maisons de repos (MR) ainsi que des maisons de repos et de soins (MRS) de Wallonie picarde vont pouvoir recevoir leur vaccin contre la Covid-19. Une première étape, d'une campagne de vaccination au niveau fédéral qui se déroule en trois phases, qui va s'étendre jusqu'au mois de mars.

Tout comme l'est le Centre Hospitalier de Mouscron, le Centre Hospitalier de Wallonie picarde fait partie des 19 hôpitaux Hub de Wallonie. "Nous allons servir de plateforme pour la logistique des vaccins pour les MR et les MRS, tant pour les résidents que pour les collaborateurs, détaille Didier Delval, directeur général du CHwapi. L'hôpital sera ainsi en charge de la commande, du stockage selon les recommandations définies et de la décongélation des vaccins. Le CHwapi a donc dû s'équiper. "Nous avons effectivement dû équiper la pharmacie de congélateurs qui permettent de conserver les vaccins Pfizer à -80°C. On recevra d'ailleurs en tout 15 000 doses tout au long de ces prochaines semaines."

C'est donc la pharmacie de l'hôpital qui sera en charge des commandes de vaccins auprès de la société Pfizer, le tout selon des procédures définies par l'AViQ et l'AFMPS. "Nous devrons en assurer la réception et le stockage dans ces congélateurs tout en tenant un registre à jour avec tous les mouvements d'entrées et de sorties de ces vaccins, explique Brigitte Dubois, pharmacien en chef du CHwapi. Nous serons encore chargés d'assurer la décongélation des vaccins en temps et en heure pour pouvoir approvisionner les MR et MRS en lien avec les dates de vaccination. Au niveau du stockage, nous avons donc déjà un premier congélateur qui est branché et fonctionnel. Nous en recevrons un deuxième dans le courant du mois afin d'augmenter notre capacité de stockage tout en assurant un back-up en cas de problème sur un des congélateurs. Nous avons également anticipé l'achat de deux congélateurs à -20°C pour pouvoir stocker d'autres vaccins qui arriveraient sur le marché, comme le vaccin Moderna."

Concernant le transport des vaccins vers les 47 MR et MRS de la région dont est chargé d'alimenter le CHwapi, c'est la société Medista qui s'en occupera. "C'est ensuite chaque MR et MRS qui assurera la reconstitution, l'administration des vaccins et la traçabilité dans une application."

Ce sont donc d'abord les groupes à risque, ici les résidents de MR et MRS ainsi que les personnes qui y travaillent, qui seront vaccinées. Suivra ensuite, fin février-début mars, le personnel soignant. "Nous avons évidemment envie d'avoir accès au vaccin le plus rapidement possible mais nous comprenons bien que le risque vital prime, assure le Dr Mélanie Delvallee, infectiologue. Nous avons aussi envie que notre tour arrive au plus vite mais la logique est de donner la priorité à ces patients âgés avec des comorbidités qui risquent d'y laisser la vie. Évidemment, nous n'avons pas envie d'être les derniers car nous sommes vraiment en contact avec la maladie. Nous devrions être vaccinés courant février, début mars, ce qui reste une échéance très courte. Cependant, même au sein de l'hôpital, nous devrons établir une priorité selon les services." Dès que le vaccin sera disponible en suffisance, le reste de la population pourra alors se faire vacciner. On parle d'avril-mai si tout va bien.

"Le vaccin est notre seule porte de sortie"

Lors du début de la campagne de vaccination, certaines voix se sont fait entendre contre la vaccination. "Nous avons effectivement entendu beaucoup de communication au sujet de la réticence, sur la crainte par rapport à ces vaccins", constate le Dr Mélanie Delvallee qui rappelle que le vaccin a sauvé des millions de vies.

"La génération de nos grands-parents croisait souvent des personnes qui avaient des conséquences de la polio. Depuis l'avènement de la vaccination, nous n'avons plus croisé quelqu'un qui en était malade. C'est un peu pareil pour la rage en Belgique, sauf si on part en voyage dans des zones tropicales. Cela vaut aussi pour la rougeole même si nous avons eu quelques soucis ces trois dernières années suite à une diminution de la vaccination."

Face aux progrès de la médecine, certains n'ont presque plus peur des maladies infectieuses. "Il faut mettre en balance la maladie Covid qui est une maladie grave, qui constitue un risque vital, avec un vaccin qui a été étudié sur une phase 3 auprès de plus de 30 000 personnes. Nous avons maintenant une opportunité d'aller endiguer cette épidémie. Pour être claire, le vaccin est notre seule porte de sortie. Nous avons bien vu que même avec des confinements stricts, nous ne faisons que transitoirement diminuer la circulation du virus sans réussir à l'éradiquer."

Il ne sert à rien non plus d'avoir peur de ce vaccin. "Il faut voir cela comme une chance, assure le Dr Delvallee. Nous ne sommes pas des cobayes, pas des animaux de laboratoire. Il y a très peu d'effets indésirables et son taux d'efficacité est de plus de 90%, 95% pour Pfizer ! L'immunité est garantie pour au moins un an mais nous ne savons pas encore s'il faudra ou pas faire des rappels. De plus, les mutations du virus connues à l'heure actuelle n'ont pas d'impact sur l'effet du vaccin."

Cela va cependant durer plusieurs mois avant qu'une proportion importante de la population soit vaccinée. Il faut donc toujours se montrer prudent dans nos comportements.