Le maïeur soutient un projet contre l’avis de deux de ses échevins.

Les dernières séances du conseil communal ont laissé apparaître certaines tensions et dissensions au sein de la majorité brugelettoise.

Celle-ci vient même de se diviser sur la vente à la rue des Déportés du site Lucas, du nom d’une ancienne fabrique de chicorée ayant cessé ses activités voici plusieurs décennies.

L’an dernier, la commune a dû se résoudre à démolir les bâtiments en ruine de cette défunte usine, lesquels représentaient un danger sur ce terrain qui lui appartient désormais et dont une partie a été transformée en espace de parking.

Depuis le rachat du site, la commune n’a jamais eu la moindre offre d’un candidat acquéreur, jusqu’à ce qu’un promoteur manifeste son intérêt auprès du bourgmestre.

" Celui-ci a reçu le feu vert des services de l’Urbanisme à Mons pour élaborer un projet immobilier qui prévoit la construction de 25 logements. À savoir deux blocs d’appartements limités à un rez-de-chaussée et à un étage afin que ceux-ci s’intègrent parfaitement et soient au même gabarit que les bâtiments environnants. Cinq maisons viendront compléter l’ensemble ", indique le bourgmestre André Desmarlières (LM).

Notre interlocuteur a d’abord proposé au collège de mettre la parcelle en vente publique comme la loi l’impose mais son 1er échevin, Didier Strebelle, ainsi que Johanna Hubeau (3e échevine) s’y sont montrés défavorables.

Lorsque le dossier a atterri sur la table du conseil communal, ces derniers sont restés fidèles à leur logique en désapprouvant cette vente, au même titre que les groupes Ecolo et Brugelette ensemble. Le point est néanmoins passé grâce à l’appui des Communaux de Michel Niezen.

Une maison de village

À cet endroit, les deux échevins opposés à la vente suggèrent plutôt de créer une maison de village tout en insistant sur le fait qu’il s’agit de l’unique réserve foncière dont dispose la commune. Le bourgmestre n’est pas de cet avis, estimant que le produit de la vente (entre 200 000 et 240 000 euros) permettrait à la commune d’alimenter le fonds de réserve et de financer des projets sans recourir à l’emprunt.

" Nous puisons chaque année dans ce bas de laine pour ne pas alourdir la dette. Sur la question de l’affectation, il est déjà prévu de construire plusieurs maisons de village ailleurs dans l’entité et je ne vois donc pas l’intérêt de les multiplier, d’autant que de telles infrastructures génèrent des dépenses de fonctionnement importantes ", argumente le bourgmestre.

Ce dernier compte davantage sur le précompte immobilier et l’IPP des ménages qui occuperont les futurs appartements, dont peut-être certains enseignants de l’école secondaire qui accueillera ses premières élèves en 2020 sur le site de l’ancienne sucrerie.