Tournai Ludivine Dedonder adoubée présidente de la régie communale du stade Luc Varenne.

Le conseil d’administration de la régie autonome a confié, ce week-end, les clés de la maison à la députée fédérale Ludivine Dedonder (PS).

"Je crois, du moins j’espère, que mon grand-père, Jean Dedonder, serait fier de voir sa petite-fille accéder à ces responsabilités", évoque, d’entrée de jeu, la jeune femme éprise de ballon rond.

"Cela peut paraître paradoxal, mais toute ma jeunesse a été baignée par le foot. Avec un papy qui avait connu ses heures de gloire, dans les années cinquante, au Racing de Tournai, et s’était même retrouvé en sélection nationale contre le Luxembourg", ajoute Ludivine en se remémorant les innombrables posters de footballeurs qui tapissaient les murs de sa chambre.

Mais au-delà de l’évocation d’une passion et du passé, c’est à présent à l’ingénieure en économie de poursuivre la conversation. "Le collège communal m’a clairement confié la mission d’assurer une gestion saine et prudente de l’actuelle régie, en commençant par établir toute la clarté sur la situation financière", reconnaît-elle sans détour.

Ludivine Dedonder ne pratique pas la langue de bois. Elle estime que les régies autonomes, constituées il y a une quinzaine d’années, dans le but avoué de récupérer la TVA, sont aujourd’hui des nébuleuses en façade.

"Il est temps de tout remettre à plat et de tourner la page des déboires que nous avons connus avec l’administration fiscale. La régie communale du stade Luc Varenne s’en sort finalement avec une amende de 200 000 €. Ce qui est presque dérisoire par rapport à ce que prétendaient récupérer les fonctionnaires fédéraux."

Changement de stratégie

Mais aujourd’hui, la députée fédérale n’hésite pas à entrevoir l’avenir autrement. "Il faudra évidemment disposer de toutes les données d’une expertise financière et juridique pour se pencher sur le sort de la régie. Mais, à titre personnel, il ne m’apparaît pas inenvisageable d’opter pour une liquidation de la structure actuelle. Et d’ensuite englober les activités de gestion du stade dans le giron communal", résume stratégiquement Ludivine Dedonder.

Pour l’heure, la seule préoccupation de la nouvelle présidente est d’entretenir avec les responsables du club des échanges constructifs. "Je serai soucieuse de permettre au club d’évoluer dans les meilleures conditions qui soient tout en étant très attentive à la gestion des deniers publics ."

Sur le terrain, la nouvelle patronne a déjà pris les choses en main. "J’ai acté la décision de procéder au remplacement de la chaudière vieillissante, dans le but de réaliser, à court terme, des économies. Et nous avons dès à présent lancé un appel d’offres pour renouveler l’éclairage du terrain principal et des terrains de jeunes. Mais dans ce dossier, j’ai veillé, avant tout, à ce que soit introduite une demande de subsides auprès d’Infrasports, car nous ne pouvons pas nous priver d’une éventuelle subvention qui peut quand même atteindre les 75 %", conclut la gestionnaire.

Désormais, Ludivine Dedonder ne veut plus entendre colporter que la Ville ne fait jamais rien pour le club !

Benoît Veys