Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai, se veut clair, il ne laissera rien passer dans cette période où le Covid-19 regagne du terrain. Cet avertissement vaut pour tout le monde et un établissement Horeca, le Barry Club, l’aura appris à ses dépens. Ce dernier vient en effet d’être visé par un arrêté de police interdisant son ouverture un week-end complet, à savoir du vendredi 7 août à 17 h jusqu’au lundi 10 août à 9 h.

Il faut dire que le rapport de police du 23 juillet dernier n’est pas du tout à l’avantage des gérants de l’établissement alors que quelques jours plus tôt, le 16 juillet, un contact avait été pris avec l’exploitant pour lui rappeler la nécessité de respecter les règles sanitaires.

"Sur les réseaux sociaux, les internautes trouvent scandaleux qu’un mot d’ordre spécifique serait communiqué aux clients lors de leur inscription, à savoir ‘vous pouvez danser mais si l’orchestre ou la sono s’arrêtent vite, retournez-vous asseoir’ , ce qui aurait pour signification que la police arrive", fait mention le rapport.

Sur base de ces renseignements, un policier s’est rendu sur place en vêtements de ville et en véhicule de service banalisé. "Sur place, il a constaté qu’un groupe de personnes discutait face à l’entrée principale, dont certaines sans masque et sans respecter la distanciation sociale. L’une de ces personnes sera, par la suite, identifiée comme étant le co-gérant de la société exploitante dudit établissement."

À l’intérieur, le policier en civil a pu constater qu’une dizaine de personnes étaient en train de danser, dont certaines d’entre elles sans masque, ce qui est formellement interdit.

Le policier a ensuite quitté les lieux avant d’y revenir avec du renfort. "Dès le stationnement du véhicule de police, les membres du personnel ont crié attention la police. Instantanément, la dizaine de personnes occupées à danser est retournée rapidement à table en remettant bien sagement le masque."

Pas de rédemption à l’horizon

Visiblement, les gérants n’ont pas vraiment apprécié cette visite policière. "Ils n’ont de cesse d’invectiver leurs clients en disant que les policiers tuent le commerce, qu’ils n’ont qu’à s’occuper des criminels et qu’ils n’ont qu’à poursuivre ceux qui se sont rassemblés lors d’une manifestation sur Bruxelles ."

Les clients, tous âgés de 60 ans ou plus et donc considérés, pour le Covid-19, comme des personnes à risques, ont alors été invités à quitter les lieux. "Pour provoquer la police, la tenancière, porteuse du masque, a fait la bise à des clients également porteurs du masque…"

Reçus par les autorités, les gérants ont fait valoir leurs arguments mais au final, selon le rapport, "ils ne manifestent aucune volonté de modifier leur mode d’exploitation de manière à faire respecter les règles sanitaires applicables à leur secteur et tout particulièrement celle relative à limiter les déplacements de leur clientèle en supprimant toute possibilité d’activité dansante dans leur établissement en l’obligeant à rester assise et à porter le masque chaque fois qu’elle se déplace".

Vu les difficultés financières rencontrées par les établissements Horeca suite à la pandémie actuelle, il a été décidé de limiter la fermeture administrative temporaire de l’établissement à un week-end. "La sanction qui ferait suite à une récidive serait par contre plus corsée", avoue le bourgmestre.