La situation liée à la pandémie de Covid-19 évolue d'heure en heure dans nos hôpitaux. Et malheureusement pas encore positivement.

Ce mardi matin, les responsables du Centre Hospitalier de Wallonie picarde ont fait le point. On apprend ainsi qu'à l'heure actuelle, 145 patients sont hospitalisés dans les différentes unités Covid et que 26 d'entre eux nécessitent des soins intensifs.

"On vit une situation excessivement difficile et tendue, souligne Didier Delval, directeur général du CHwapi. Ce week-end, on a encore dû augmenter notre capacité en soins intensifs et donc passer en phase 2B, la phase ultime."

La décision a alors été prise de déprogrammer certaines interventions chirurgicales et de diminuer drastiquement l'activité en hôpital de jour médical. "Le but est de garder les soins urgents et indispensables pour la population qui a des examens ou des interventions chirurgicales prévus pour que l'on puisse garder l'accès à l'hôpital pour tous les patients qui ne sont pas Covid. Nous répétons d'ailleurs que ce qui est indispensable est pris en charge de manière sécuritaire et qualitative."

"Au total, nous avons fermé deux services de soins palliatifs, deux services de revalidation et deux services de chirurgie et l'hôpital de jour chirurgical, détaille Stéphanie Rogge, coordinatrice cadre infirmier. Cela nous a permis de récupérer des ressources humaines."

Le nombre d'unité Covid est donc passé à six. "Au printemps, lors de la première vague, nous étions montés à cinq", détaille pour sa part Florence Hut, directrice médicale de l'hôpital. On retrouve quatre unités sur le site Union et deux sur le site Notre-Dame. "Sur ce dernier site, on retrouve essentiellement des patients asymptomatiques qui sont cependant potentiellement contaminants pendant une durée de sept à dix jours. Certains patients hospitalisés sont devenus positifs. Il faut dire que les visites ne sont limitées que depuis lundi passé. Avec la circulation intense du Covid dans la population, des patients se sont positivés suite aux visites." Même si la plupart des patients sont asymptomatiques à Notre-Dame, cela représente une nouvelle surcharge de travail pour les équipes. "Toutes les mesures d'isolement doivent être prises, c'est encore du stress pour le personnel. Tout le monde est impacté."

Un reconfinement pour soulager le secteur hospitalier ?

Si, lors de la première vague, le problème aura été essentiellement lié à la surmortalité, c'est ici le volume de patients qui est problématique. "Et la vitesse avec laquelle les patients arrivent à l'hôpital, ajoute Florence Hut. On a parfois eu dix ambulances qui arrivent d'un seul coup. Au pic de la première vague, nous avons eu 90 patients. Ici, nous sommes à 145. Au niveau des soins intensifs, nous y avions deux patients il y a quinze jours. Aujourd'hui vingt-six..." Et, comme le précise Didier Delval, le pic de la deuxième vague n'est envisagé que vers le 15 novembre.

Évidemment, et on ne le répétera jamais assez, il est plus que primordial de respecter les différentes règles sanitaires pour venir en aide au personnel hospitalier. Pour le directeur général du CHwapi, le confinement serait adéquat d'un point de vue médical. "Cette mesure a été efficace durant la première vague. Si on veut diminuer la pression et la tension sur le secteur hospitalier, c'est une mesure à prendre. On se retrouve ici face à l'économie de la santé contre la santé de l'économie."

En attendant, au CHwapi, tout est mis en place pour ne pas devoir refuser des patients venant à l'hôpital pour d'autres pathologies. "On ne doit pas perdre ce contact."