Le lieutenant de l’armée américaine Foyd E. Addy a évité une catastrophe

WODECQ Le 14 juin 1944 à 9 h 17. Marcel Leroy, alors un jeune gamin de quatre ans en culotte courte, s’en souvient très bien. “J’avais quatre ans et deux mois. J’allais à l’école gardienne du village à pied. J’ai entendu un énorme choc. Un avion s’était écrasé dans un champ tandis qu’un homme gisait à quelques dizaines de mètres de là. Une dame m’a dit de vite partir et d’aller à l’école.”

Ce n’est qu’un peu plus tard que Marcel Leroy connaîtra l’histoire exacte de cet accident d’avion. Faisant partie de la 861e escadrille du bombardement du 493e groupe de bombardement de l’Air Force, cet avion avait pour mission de bombarder la base aérienne d’Athies, près de Laon (France). Durant toute sa mission, il a subi de nombreux tirs de DCA, particulièrement lorsqu’il passa à la verticale de la gare de triage de Saing-Ghislain.

À Chièvres, il essuya de nouveaux tirs qui lui furent fatals. Les quatre moteurs touchés ont rendu l’âme les uns après les autres. Le pilote, le lieutenant Floyd E. Addy, ordonna à son équipage d’évacuer l’appareil.

Ses dernières paroles adressées à ses coéquipiers furent : “Bonne chance à vous tous. Je reste dans l’avion. Il y a des amis parmi les gens d’en bas et je ne veux pas qu’un de nos avions leur tombe dessus…”

Les neufs membres de l’équipage seront pris en charge par des locaux à Wannebecq, Lessines ou encore Oeudeghien et rentreront tous aux États-Unis. Le lieutenant Floyd E. Addy tentait de maîtriser tant bien que mal son avion.

Au moment de sa chute, l’appareil s’en alla percuter l’église et donc le cœur du village de Wodecq. D’une ultime manœuvre, le pilote parvint à contourner l’obstacle et à s’écraser non loin, dans un champ. Bien qu’il se soit extrait de son appareil, le lieutenant Floyd E. Addy ne survivra pas au choc. Son parachute ne s’est pas ouvert. Son épouse attendait un enfant.



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