La Compagnie des notaires du Hainaut occidental a livré ce mardi plusieurs analyses.

Comme chaque année, à l’occasion de la semaine de l’immobilier, la Compagnie des notaires du Hainaut occidental livre son analyse du marché immobilier pour l’année précédente en Wallonie picarde.

Comme le souligne Me Anthony Pirard, notaire à Quevaucamps, l’activité du secteur immobilier a été chargée en 2019. On dénombre ainsi une hausse de 8,9 % au niveau national, 6 % en Wallonie, par rapport à 2018.

"Il y a trois raisons à cela, explique-t-il. Citons tout d’abord les taux bas des crédits hypothécaires tant au niveau des emprunts que des placements. Ensuite, l’annonce de la suppression du woonbonus en Flandre, un avantage fiscal lors de l’achat d’un bien immobilier, a dopé le nombre de transactions immobilières en Flandre lors des trois derniers mois de l’année. Enfin, le fait de voir la Banque nationale serrer la vis pour le futur octroi des crédits hypothécaires n’est pas étranger à ce fait."

Pour calculer le plus fidèlement le prix moyen des différents types d’habitations, les notaires utilisent le système du prix médian.

"Ce n’est pas la moyenne des prix mais, en se basant sur 100 ventes, on voit quel a été le prix de la 50 e vente par ordre décroissant, rappelle Me Bernard Dogot, notaire à Celles. On élimine ainsi les prix exagérés de grosses propriétés et les prix extrêmement bas des petites maisons pour se focaliser sur les prix intermédiaires, là où l’on rencontre le plus de ventes."

Dans le Hainaut, le prix médian des maisons est de 145 000 €. "On y retrouve une très grande disparité dans les sous-régions. Plus elles sont proches de Bruxelles et de la frontière linguistique et plus le prix est élevé. Ensuite, les prix en Hainaut occidental se maintiennent et restent plus élevés que la partie centrale et orientale de la région."

En effet, si le prix médian de Mons est de 125 000 €, il grimpe à 159 900 € pour la zone Tournai-Mouscron-Comines et même à 175 000 € pour l’arrondissement d’Ath. Seule la zone de Soignies fait mieux avec un prix médian de 190 000 €, "ce qui s’explique par le fait qu’on se trouve en bordure du Brabant wallon, ce qui fait augmenter les prix".

Pour calculer le prix médian des maisons, la Fédération du notariat a exclu les biens hors normes comme les villas quatre façades et les fermes où l’on retrouve un marché bien spécifique.

Les prix des maisons dans l’arrondissement d’Ath sont ainsi influencés de manière importante par la proximité avec Bruxelles. "La proximité de l’autoroute A8 est également à prendre en compte, explique de son côté Me Vincent Colin, notaire à Estaimbourg. Plus on se rapproche de l’axe Lille-Bruxelles, plus les prix vont être importants."

Un prix médian élevé au Mont-de-l’Enclus

Le village de Belœil, qui se trouve loin de l’autoroute, a un prix médian de 130 000 € là où Silly, plus proche de Bruxelles et qui touche à l’A8, monte à 237 500 €. "Dans la région d’Ath, on retrouve une certaine stabilité des prix par rapport à 2018. Les chiffres sont cependant plus fiables quand il y a beaucoup de ventes, ce qui est parfois plus difficile dans les villages."

Pour ce qui est de l’arrondissement Tournai-Mouscron, c’est du côté du Mont-de-l’Enclus que l’on retrouve le prix médian le plus élevé avec 200 000 €.

"Cette commune est vraiment limitrophe à la Flandre (Renaix, Kluisbergen, Avelgem). Nous avons donc le phénomène où des acquéreurs néerlandophones qui fuient les prix beaucoup trop élevés d’habitations similaires en Flandre viennent s’installer au Mont-de-l’Enclus", explique Me Dogot. "Ils conservent leur travail, font leurs courses et vont à l’école en Flandre et dorment en Wallonie pour payer moins cher." Celles, Pecq et Mouscron sont également limitrophes, mais les prix médians y sont moins élevés.

Tournai se situe à 179 000 € et Péruwelz a le prix médian le plus bas (130 000 €) tandis qu’Antoing offre des prix intéressants. À Mouscron, le prix médian se chiffre à 150 000 € là où il se monte à 165 000 € du côté d’Estaimpuis.

"Les prix restent plus ou moins identiques à Mouscron, souligne Me Philippe Dumon, notaire à Mouscron. Il y a un énorme intérêt pour les maisons en mauvais état pour lesquelles les gens veulent réaliser les travaux eux-mêmes."