Les responsables de diverses associations se sont réunis pour une cérémonie préfunèbre du secteur non marchand.

C’est dans un lieu fort symbolique que de nombreux acteurs du secteur du non marchand s’étaient donné rendez-vous ce lundi midi. En effet, depuis l’espace philosophique du cimetière du Sud de la cité des Cinq Clochers, la réforme du dispositif APE, Aides à la Promotion de l’Emploi, y a été sérieusement décriée.

"Nous sommes réunis en ce jour pour préparer l’enterrement du secteur non marchand", déclare Johakim Chajia, coordinateur de la maison de jeunes Masure 14. "Non, nous ne sommes pas encore morts et pourtant, les réformes proposées par le gouvernement wallon MR-CDH creusent petit à petit la tombe de tout un secteur."

La suppression des points APE serait ainsi une véritable catastrophe pour de nombreux acteurs du secteur.

"Le gouvernement wallon annonce une réforme sans perte d’emploi, c’est totalement faux. Le financement que perçoivent certaines ASBL n’est pas assuré et derrière lui, c’est le service aux citoyens qui ne le sera plus. Les domaines culturel, de la jeunesse, de l’aide aux personnes, de l’événementiel, du logement ou encore de la formation vont être rapidement impactés. Cela impliquera la réduction du nombre de projets menés, voire de la mort de certains."

Si les différents acteurs du secteur s’entendent pour dire qu’ils ne sont pas contre les réformes "qui sont parfois utiles", ils sont néanmoins unanimes pour s’opposer à celle proposée et conduite par le ministre libéral Pierre-Yves Jeholet. Johakim Chajia avait d’ailleurs un message pour ce dernier et ses collègues politiciens..

"Entendez notre message, ne laissez pas une réforme menée à la va-vite et avec des considérations presque exclusivement budgétaires mettre à mal un secteur qui est le fruit de dizaines d’années de réflexion, de constructions et d’actions."

Et parce que des chiffres parlent parfois plus que des phrases, la réforme APE représente près d’un milliard d’euros, 7 % du budget de la région wallonne et concerne près de 60 000 travailleurs à travers toute la Wallonie.