C'est pour des faits commis en Flandre que Christopher (prénom d'emprunt) se retrouvait à comparaître à la barre du tribunal correctionnel de Tournai. Il a en effet demandé le renvoi linguistique de l'affaire.

L'homme avait précédemment été interpellé par la police flamande alors qu'il marchait sur le toit plat d'une maison en construction. C'est un voisin vigilant qui a fait appel à la police. Interpellé, il avait alors refusé de se montrer coopérant avec les forces de l'ordre. "Il sentait une forte odeur d'alcool et portait des coups de pied dans tous les sens, touchant un des agents de police, souligne Frédéric Bariseau, premier substitut du procureur du roi. Il a même tenté de leur porter un coup de tête..."

S'il s'était promené au sien de ce chantier, c'était pour voler des matériaux présents sur le site. "Il a avoué qu'il avait besoin d'argent et souhaitait alors vendre ces matériaux moitié prix." L'homme n'est d'ailleurs pas un inconnu aux yeux de la justice puisqu'il a déjà été condamné pour vol avec violence, des faits de roulage et de rébellion. Six mois minimum avec sursis probatoire étaient requis.

Me Parret, l'avocat qui le représentait, expliquait que son client ne contestait pas les faits qui lui étaient reprochés. "Il y a cependant des circonstances à prendre en compte. À l'époque, il vivait une véritable traversée du désert. Après une rupture difficile où il a tout perdu, il est tombé dans une dépression et dans la maladie."

Le jour des faits qui lui sont reprochés, le prévenu avait effectivement bu pas mal de bières. "Il a eu cette idée de vol et s'est rendu sur place. À l'arrivée de la police, il est tombé du toit. Une chute de près de six mètres de haut qui lui aurait pu être fatale. Lorsque les policiers lui ont mis les menottes, il a demandé à faire attention à la cicatrice qu'il présente à la main. Ils ont fait semblant de ne pas comprendre et il a énormément souffert. De plus, suite à sa chute, il s'est retrouvé les fesses à l'air. Les policiers ne l'ont même pas laissé remonter son pantalon."

Aujourd'hui, Christopher va mieux. "Il se soigne et travaille. Il a retrouvé un équilibre dans sa vie." Pour ne pas le faire replonger, Me Parret sollicitait la suspension simple du prononcé. Le jugement sera rendu le 10 décembre.