Voilà maintenant plus de vingt ans que des caveaux retrouvés à Tournai sont stockés aux casemates de Mons, bâtiment régional partiellement affecté en dépôt archéologique. Ils avaient été découverts fin 1997 à l'occasion d'un chantier de construction d'un ensemble d'immeubles au niveau du quai Taille-Pierres.

Compte tenu du lieu historique, des fouilles y avaient été entreprises et, à l'endroit d'une ancienne église détruite lors de la Révolution française, le service d'archéologie de la Région wallonne avait découvert plusieurs caveaux datant du XIII et du XIVe siècle.

"Les décors de ces caveaux peints sont remarquables et diversifiés : Abraham, la crucifixion, la Vierge à l'enfant, Saint-Christophe, Saint-Georges, des arbres stylisés ou encore des croix rouges", détaille le député wallon Laurent Agache (Ecolo).

Ils ont donc été stockés aux casemates de Mons pour étude et restauration. Seulement, les casemates de Mons vont être mises en vente. Laurent Agache a donc interpellé la ministre en charge du Patrimoine, Valérie De Bue (MR), afin de savoir où seront désormais stockés ces caveaux après la vente du bâtiment qui les héberge actuellement.

La ministre a d'abord tenu à rassurer sur l'état des caveaux. "Consolidés sur place et carcanés par des poutrelles métalliques, les caveaux ont été placés dans un local climatisé construit spécialement dans le but de les accueillir dans des conditions de conservation optimales, signale Valérie De Bue. Une campagne de restauration pour stabiliser les fresques a été menée en 2012 par l'IRPA, l'Institut royal du patrimoine artistique, et un monitoring régulier a été mis en place par l'AWaP .Suite à une étude de l'IRPA, nous savons aujourd'hui que les trois caveaux présentent des scènes de l'iconographie religieuse et sont datés du XIVe siècle."

En ce qui concerne le déménagement du dépôt archéologique des casemates de Mons après leur vente, le nouveau lieu n'a pas encore été défini. "Concernant la mise en valeur de ces caveaux, celle-ci est évidemment souhaitable, mais s'avère complexe. Les pistes envisagées jusqu'à présent n'ont pu être mises en œuvre en raison des contraintes essentiellement techniques."

Comme l'explique la ministre, les caveaux tournaisiens sont à la fois volumineux, plus de trois mètres de long sur une hauteur d'environ 1,70 mètre, et particulièrement lourds, leur poids allant de 3,5 à 13,5 tonnes. "Leur manipulation nécessite des engins de levage spécifiques et un lieu qui permette la circulation de ces engins. Outre cette contrainte, il faut évidemment que les caveaux soient maintenus dans des conditions climatiques stables pour assurer leur conservation, en ce compris celle des fresques, qui constituent un élément fragile."