Tournai-Ath-Mouscron La Ville s’est associée à un privé. Au risque de dénaturer le site ?

Le Pays vert abrite de nombreux petits musées thématiques dignes d’intérêt dont celui de la Pierre, à Maffle. Inauguré en 1989 aux abords des anciennes carrières où l’on extrayait jadis la pierre bleue, il est géré par l’office du tourisme d’Ath qui, depuis deux ans, cherche à redynamiser ce site via un partenariat public-privé.

La Ville s’est associée à un investisseur privé (SPRL Les Semeries) qui a introduit une demande de permis portant sur l’aménagement de la partie inoccupée du musée auquel s’ajoute un projet d’extension impliquant la construction de plusieurs salles polyvalentes pour la location et l’organisation de réceptions. "Le site possède un gros potentiel mais qui n’est pas exploité à sa juste valeur. Il s’agit à la fois d’un poumon de verdure proche de la chaussée de Mons et de ses nouveaux quartiers mais également d’une zone de loisirs d’intérêt biologique prisée des pêcheurs et des plongeurs. Le fait qu’un promoteur privé s’y intéresse va déjà permettre de restaurer un bon tiers du bâtiment", commente Laurent Dubuisson.

Pour le responsable de l’office du tourisme, ce projet constitue une réelle opportunité de développer le site tout en redéfinissant les accès pour plus de visibilité. Mais tout le monde ne partage pas le même enthousiasme par rapport à ce projet. Des riverains et associations manifestent certaines inquiétudes quant au devenir du site, craignant un préjudice environnemental et paysager ainsi que toutes sortes de nuisances (bruit, trafic) liées aux futures activités envisagées.

Originaire de Maffle, le député wallon Jean-Pierre Denis (PS) fait partie des récalcitrants. "Si ce projet pérennise le musée de la Pierre à cet endroit, les craintes viennent du fait qu’une fois le permis accordé, l’exploitant aura les mains libres pour organiser diverses activités qui ne sont pas en concordance avec un site à vocation naturelle. De surcroît, l’architecture du futur bâtiment reste imposante et a nécessité un abattage important de la couverture boisée. Quant au parking, sa superficie est insuffisante pour une salle qui pourra accueillir plus de 150 000 personnes", estime le parlementaire.