L’agent de quartier du Tuquet, à Mouscron, a eu beaucoup de travail pour inscrire les réfugiés installés au Refuge.

Qui dit emménagement, dit visite de l’agent de quartier. Bien souvent, il s’agit d’une simple formalité, histoire de vérifier que la personne habite bien à l’endroit renseigné.

Si peu y pensent, c’est exactement la même procédure qui doit être suivie lorsque pas moins de 590 réfugiés arrivent dans un quartier comme le Tuquet, à Mouscron.

Depuis la fin novembre, Frédérique Tassart, agent de quartier au Tuquet, travaille donc d’arrache-pied pour inscrire auprès de la commune toutes ces personnes venues de pays différents. Une tâche titanesque, mais aussi très riche humainement.

"Nous travaillons avec le Refuge afin d’établir des listes. Dans un premier temps, cela nous permettait de savoir que telle ou telle famille se trouvait à tel étage, telle chambre… Tous les après-midi, je faisais en quelque sorte des permanences sur place pour visiter des familles. Les gens se présentent alors à moi avec leur Annexe 26, qui est un document fourni par Fedasil. On compare alors avec la photo d’identité…", explique-t-elle.

"Cela revient à la même chose qu’une domiciliation classique, même si l’on ne prend pas autant de détails sur la vie des gens. Ils sont là, c’est pour y habiter", poursuit Frédérique Tassart. "Et puis, il y a aussi le problème de la barrière de la langue. Mais, on se débrouille en anglais et puis, comme nous y allons régulièrement, ils se souviennent de nous et un contact s’installe alors."

Ce mercredi , il ne restait plus que 300 personnes à inscrire sur un total de 590. Une grosse charge de travail pour celle qui a pris son poste au mois de juillet dernier.

"Je venais d’arriver et j’ai pris cela comme un défi", glisse encore notre interlocutrice. "C’est quelque chose de très prenant. Ils ont vu des choses terribles et on fait de notre mieux pour qu’ils soient bien acceptés, ne soient pas mis à l’écart. C’est aussi un premier contact avec la police. Il a d’ailleurs fallu leur expliquer qu’ici, cela ne fonctionne pas comme dans leurs pays. Et, désormais, s’ils ont un problème, ils viennent en faire part ici, au commissariat de police, ou tout simplement, ils nous font signe en passant."


Une femme, oui, et alors ?

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Frédérique Tassart tire un avantage en tant femme.

Si, bien souvent, l’on débat sur la place de la femme et surtout au niveau de l’autorité dans les pays comme l’Afghanistan, l’Irak et autres, c’est bel et bien une policière qui fût le premier contact avec les habitants du Refuge, à Mouscron.

Une situation qui a d’ailleurs, pour l’agent de quartier Frédérique Tassart, facilité les choses.

"Cela s’est relativement bien passé ! Et je crois même que c’était un bien, surtout avec les femmes. Cela permettait une approche bien plus facile, respectueuse… Il y avait alors moins de barrière, de pudeur", explique-t-elle.

Mais la femme a du caractère. Et elle n’hésite pas à expliquer gentiment, mais clairement, la marche à suivre ! "On fait les choses dans les règles, on leur dit les choses, et au final, il y a une relation de confiance qui s’installe."

"C’est leur première référente à l’extérieur du Refuge", commente d’ailleurs Christine Noterdaem, commissaire divisionnaire à la zone de police de Mouscron.

Désormais, l’antenne locale du Tuquet sert aussi de relais entre la population locale et le Refuge. "Je fais souvent le tour auprès des commerçants pour voir comment cela se passe et les retours sont vraiment positifs. Évidemment, on sait très bien qu’il peut y avoir l’un ou l’autre problème, comme partout d’ailleurs. C’est un mini-quartier, avec plusieurs cultures différentes, des problèmes de communication…", explique-t-on encore du côté de la police mouscronnoise.

D’ailleurs, une communication a été faite au Tuquet pour qu’au moindre problème, les riverains puissent en parler à l’agent de quartier afin de résoudre cela, notamment grâce aux bons contacts avec les responsables du Refuge.