Ecolo et PS dénoncent le "mini-monopole" d’Osvaldo Parise, omniprésent à Mouscron

Osvaldo par-ci, Osvaldo par-là : la commune de Mouscron ne loupe jamais une occasion de faire appel aux compétences (indéniables) de l’artiste né au Venezuela. Au détriment d’autres talents locaux ?

Antoine Pontrandolfi
Osvaldo
©CAEPI

"Ma ché cosa fai Osvaldo ?"

Peintre et sculpteur né au Venezuela mais d’ascendance italienne, Osvaldo Parise promène son accent sur toutes les inaugurations de ses œuvres. À Mouscron, elles sont nombreuses. Saurez-vous toutes les citer ?

Nous, on ne s’y risquera pas. Mais rappelons tout de même que l’artiste a déjà signé le buste du général De Gaulle et plusieurs ours dans le centre-ville, la Capricciosa au parc communal, la célèbre main sur le rond-point qui mène à Dottignies ou encore la statue d’Alfred Gadenne, sur la Grand-Place. Avant la fin de l’année, la Ville de Mouscron en inaugurera deux autres (lire encadré).

"Nous n'avons rien contre l'artiste, mais il s'agit d'un petit monopole culturel" déplore Simon Varrasse, chef de file du groupe Écolo. Même discours pour Fatima Ahallouch, qui "salue les œuvres" du peintre/sculpteur mais taxe aussi cette (fructueuse) collaboration de monopole. "On a des artistes de talents. Comment les mettre en évidence ?" questionne la chef de file du groupe PS, qui pointe aussi un autre problème "On n'a pas été capable de sauver le bâtiment où Jimmy Hendrix s'est rendu. Aujourd'hui, il s'agit simplement d'une banque. À Mouscron, on fait avec ce qu'on a. Mais les éléments remarquables du patrimoine continuent de disparaître." Simon Varrasse et le groupe Écolo militent aussi pour voir apparaître "des sensibilités artistiques différentes."

Ancien échevin du personnel, c'est Marc Castel qui a répondu en premier à l'opposition. Le conseiller MR salue le fait qu'un artiste soit engagé par la ville pour "valoriser le patrimoine culturel de la commune." Laurent Harduin ne tient pas un autre discours. "On a la chance de compter un artiste comme lui dans nos rangs. Osvaldo est rémunéré pour nous fournir des œuvres qu'il réalise et qu'il entretient. Si nous n'avions pas un artiste comme lui dans l'équipe des ouvriers de la commune, toutes ses tâches nous coûteraient beaucoup plus cher. Quant au bâtiment, il appartient à un privé. Si c'est son choix de le revendre à une banque…"

Mamma Mia ! On ne le laissera jamais tranquille le sémillant Osvaldo ? Pas tant que l'impression tenace de son omniprésence sera dans les esprits. "D'autres œuvres embellissent Mouscron", se justifie Brigitte Aubert. Comme la fresque peinte sur le rond-point de la route de la Laine, où la procédure impliquait un appel d'offres, confié à un trio d'artistes bruxellois. "Mais il y a d'autres artistes compétents dans la commune." Dont ceux qui ont versé dans le street-art. Mouscron dispose d'une vraie culture "graf", mise en avant depuis des années par les acteurs de terrain et désormais par la VIlle depuis l'inauguration du mur d'expression. Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut parfois jouer des coudes pour se frayer un chemin…

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