Tribunal de Tournai : le Mouscronnois "voulait juste lui faire un câlin"

La gradation des violences, l’emprise sur sa compagne et l’absence de remise en question pourraient lui valoir quatre ans d’emprisonnement.

Laure Watrin
Tribunal de Tournai : le Mouscronnois "voulait juste lui faire un câlin"
©AFP

Détenu depuis trois mois à la prison de Tournai, l’homme âgé d’une trentaine d’années comparaissait devant le tribunal correctionnel de Tournai pour viol avec comme circonstance aggravante, la cohabitation (il s’agissait de sa femme) ainsi que pour coups avec incapacité.

Ce Mouscronnois d'origine s'est expliqué en pointant principalement le contexte d'alcool:"J'ai compris mon erreur. Je souhaite entamer un suivi". Seule la première prévention est contestée."Je voulais lui faire un câlin. Je n'ai pas arraché son soutien-gorge, juste sa robe". La présidente a répliqué:"Vous faites des câlins en pleine dispute, vous? Ce n'est pas parce que c'est votre femme que vous avez tous les droits. Elle n'était pas consentante".

Son codétenu fait des révélations

Le 7 mai dernier, sa compagne a indiqué au service de police s'être faite violer à l'issue d'une dispute. La femme avait des saignements visibles au niveau du visage."Ce n'est pas la première fois que Madame recevait des coups. J'ai sursauté en voyant les photos"a relevé le procureur du roi. Le ministère public a avancé trois éléments lors de son réquisitoire:"La montée en puissance des violences, la dépendance de Madame envers son conjoint et le manque de remise en question. Nous n'étions pas loin de l'irréparable. Quand on lui montre les photos, le détenu n'a d'autres choses à dire qu'elles ont été trafiquées. Pas terrible comme prise de conscience. Il reviendra plus tard sur ses déclarations avec ce contexte d'alcool".

Le magistrat a également lu le témoignage du compagnon de cellule du trentenaire:"Il m'a avoué qu'il avait l'habitude de battre sa femme, qu'il avait couché avec elle ce soir-là alors qu'elle avait refusé".

Le procureur du roi considère le viol comme établi. Le rapport d'expertise a mis en avant les traits narcissiques de l'individu ainsi que sa possessivité dans l'ascendance relationnelle."Il est un danger pour la société, c'est pourquoi je réclame quatre ans ferme".

Repartir sur de «bonnes bases»

La défense est revenue sur l'agression sexuelle qui a toujours été contestée par son client."La robe arrachée n'était pas portée par sa compagne. Il y a peu d'éléments qui permettent d'établir la culpabilité de Monsieur. Il demande son acquittement par rapport à ce fait".L'avocate a également précisé que l'homme gardait ses copies d'audition en prison:"Son codétenu a pu les lire. C'est d'ailleurs une personne qui pose des problèmes. Il propage des rumeurs".

À l’heure actuelle, le couple n’a pas l’intention de se séparer et souhaite repartir sur "de bonnes bases". La défense a insisté sur la demande de sursis probatoire avec des conditions à respecter.

"Cela fait beaucoup de suivis, sans compter les coûts financiers"a souligné la présidente à la fin de la plaidoirie.

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