La bourgmestre se dit "déçue, désolée et attristée", pour l’Excel Mouscron, au mieux relégué en D2 Amateur la saison prochaine, mais qui risque la deuxième faillite de son histoire, treize ans après le premier fiasco de 2009. "Le club a placé Mouscron sur la carte du football belge. C’est une très mauvaise nouvelle, mais on ne doit pas baisser les bras maintenant", estime Brigitte Aubert. "Notre priorité, c’est de sauver les jeunes du Futurosport. Ils ont des rêves qui ne doivent pas s’écrouler."

La bourgmestre a-t-elle des regrets ? La Ville aurait-elle dû en faire davantage et s’immiscer plus tôt dans les comptes de l’Excel ? "Il y a un an, j’avais déjà convoqué la direction au CAM. On a donné beaucoup de notre énergie pour permettre au club de trouver un repreneur et d’éponger son ardoise. On aurait peut-être dû le faire plus tôt, mais il est trop tard pour se trouver des excuses", poursuit Brigitte Aubert.

Aucun retour en arrière n’est possible. L’Excel ne retrouvera le monde professionnel que si le club et ses partenaires (IEG-Ville de Mouscron) s’en donnent les moyens.

"On doit retrousser nos manches"

"On doit retrousser nos manches et s’unir, comme ce fut le cas ces dernières semaines." Prendre les bonnes décisions avec les bonnes personnes, c’est sans doute ce qui a manqué à l’institution depuis plusieurs saisons. À ce titre, les autorités communales avaient un rôle à jouer, même secondaire. "J’ai rencontré Gérard Lopez il y a quelques semaines. J’aurais sans doute dû aller plus loin, être plus exigeante avec lui et la direction sur l’avenir de l’Excel Mouscron", concède la bourgmestre, qui veut tout faire pour sauver le club de la faillite. Une faillite que certains observateurs jugent "probable" depuis quelques mois déjà. "Les infrastructures, le site du Futurosport, les personnes qui y travaillent, on a tout pour que le club retrouve des couleurs, grâce à des atouts locaux. Malheureusement, le délai était trop court pour permettre à l’Excel de rester dans le monde professionnel. Mais je le répète, je suis convaincue qu’on peut s’en sortir ensemble. On a tous le même objectif, on peut y arriver si on travaille main dans la main."

La cellule de crise (dont faisait partie la bourgmestre) se transformera peut-être en cellule de reconstruction…

David Vaccari n’est "pas inquiet pour l’école des sports"

S’il ne se dit " pas étonné " de la sentence prononcée mardi midi, David Vaccari reste serein pour le projet ambitieux de la future école des sports mouscronnoise.

Sur le site du Futuro, ce pôle sportif est budgétisé à 15 millions d’euros. La Ville espère, de fait, décrocher des subsides importants de la part des autorités compétentes, même avec un club relégué chez les amateurs? " De nombreux jeunes suivent un cursus études-football, mais l’école des sports, ce n’est pas que le ballon rond ", rappelle David Vaccari.Mouscron peut compter sur la Squadra (futsal), les Dauphins (water-polo) et d’autres disciplines qui attirent la jeunesse ou ambassadeurs locaux.

Mais rien de comparable avec le football." Le Canonnier, c’est notre cathédrale. Perdre un club à haut niveau, c’est fortement dommageable et ça peut provoquer des dommages collatéraux. Mais n’oublions pas que le club a déjà vécu une situation aussi critique en 2009. Situation surmontée sans trop de dégâts ."

"Avec ou sans l’Excel, le projet tient la route"

Selon les ministres Willy Borsus et Adrien Dolimont, l’école des sports est totalement indépendante de l’Excel Mouscron. " Le projet est forcément plus beau est plus porteur avec un club en première division, mais il est autonome.Avec ou sans l’Excel, la future école des sports tient la route ", rassure David Vaccari.

Le défi sera de pouvoir attirer et former les jeunes dans toutes les disciplines de ce futur établissement, y compris le football, qui perd sa principale vitrine locale… pour le moment."Mouscron restera une ville de foot. Cette situation doit confirmer une chose: il est plus que temps de s’appuyer sur le Futurosport, sur les forces vives locales qui n’ont pas été assez exploitées.Le Gouvernement wallon sait faire la part des choses et les ministres sont parfaitement conscients du potentiel du Futurosport et du projet de l’école des sports", conclut l’échevin de l’instruction publique.

Si tout se passe bien d’ici là, le projet doit logiquement voir le jour en juin 2026.