Mouscron - Comines

 Le jury de la cour d'assises de Flandre occidentale a condamné jeudi Daniel Deriemacker, âgé de 38 ans, à une peine de 30 ans de prison pour l'assassinat de sa compagne Carmen Garcia Ortega. 

Le ministère public avait requis 30 ans de réclusion et dix de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) contre l'accusé qui a toujours nié son implication. Le corps sans vie de la victime avait été découvert le 10 janvier 2017 vers 22h00 à côté de sa voiture dans une rue de Comines (Hainaut). L'autopsie a révélé qu'elle avait reçu 13 coups de couteau, dont neuf dans la région du cœur et quatre au niveau du cou. Elle avait également reçu des coups au visage lui occasionnant notamment une fracture du nez.

Les enquêteurs avaient par ailleurs relevé que l'un de ses pneus avait été crevé.

C'est un témoignage, récolté deux mois plus tard, qui avait permis de faire avancer l'enquête. Une personne a rapporté avoir vu quelqu'un marcher rapidement à proximité de la scène de crime, avant de démarrer au volant d'une Ford Fiesta dont un feu arrière était défectueux. Ce véhicule a ensuite été découvert au domicile du suspect, qui a été inculpé pour assassinat le 21 avril 2017.

Les faits s'étant déroulés juste au-delà de la frontière linguistique, l'instruction a été menée en français et l'affaire aurait dû atterrir devant la cour d'assises du Hainaut. Elle a finalement été jugée à Bruges à la demande de la défense, l'accusé étant originaire de Wervik.

Dans son arrêt, la cour a souligné la gravité et la cruauté des faits, relevant un manque total de sens moral dans le chef de l'accusé, dont la personnalité a également été épinglée. "Tout au long du procès, il n'a montré aucune empathie envers sa victime et les proches de celle-ci", a soutenu le jury.

La cour est ensuite revenue sur la lâcheté dont il a fait preuve en tuant sa compagne. "Elle devait être si surprise qu'elle n'a même pas pu se défendre ou appeler au secours".

Seule circonstance atténuante pour l'accusé: son casier judiciaire vierge jusqu'au jour des faits. Il a néanmoins été condamné pour détention d'armes illégales, à savoir 11 sprays au poivre et trois tasers saisis à son domicile lors d'une perquisition plusieurs mois après l'assassinat.

Daniel Deriemacker a toujours nié toute implication. Aucune trace de sang n'a été découverte dans sa voiture ni sur ses vêtements. Il dispose de quinze jours pour se pourvoir en cassation.