Après trois mois et demi sans avoir eu le droit d’exercer, les coiffeurs ont enfin eu le droit de rouvrir leurs salons. Alors qu’aller se couper les cheveux était sorti des habitudes, dès l’annonce du gouvernement, les clients se sont précipités sur leurs téléphones pour prendre rendez-vous et être les premiers coiffés de la région.

C’est le cas à Comines-Warneton, où les coiffeurs ont eu un grand souffle de soulagement à l’annonce de cette nouvelle. “C’était un grand soulagement, surtout pour moi qui me suis beaucoup battu dans la région”, déclare Maxime Dumont, propriétaire de son propre salon à Bas-Warneton.

Face à ce grand nombre de personnes désirant se faire coiffer, les salons ont dû adapter leurs horaires, en travaillant parfois jusqu’à 22h ou encore en ne prenant pas de pause pour manger.

“De base, mes horaires d’ouverture sont de 8h à 20h, mais depuis la réouverture, je reste ouvert jusqu’à 22h une fois par semaine”, explique Maxime Dumont. “En ce qui me concerne, je viens deux heures plus tôt le matin et je repars le soir vers 20h. Sans prendre de pause pour mon repas mais c’est parce que je le veux bien”, explique Maud Walquemanne, propriétaire du salon de coiffure Maud à Comines.

“Mes employées sont venues travailler le dimanche, et elles n’ont pas voulu demander de jour de récupération car elles étaient heureuses de pouvoir travailler après trois mois et demi d’arrêt. Pour mon équipe et moi-même, c’est normal de faire des concessions et, si on veut s’en sortir, nous n’avons pas le choix. Nous sommes soudés”, poursuit la coiffeuse.

La solidarité était bel et bien présente sur le territoire cominois pendant ces trois longs mois de fermeture, autant du côté des commerçants que de celui des habitants. Maud Walquemanne, Maxime Dumont et une autre coiffeuse de l’entité ont fait entendre leurs voix. “J’ai commencé à faire un peu le guignol devant mon salon pour exprimer mon mécontentement, après une semaine j’ai proposé à Maud, qui est une amie de me rejoindre, elle a accepté et est venue avec Isabelle, une autre amie coiffeuse”, déclare Maxime Dumont.

Une solidarité infaillible

“Nous n’avons pu le faire qu’une journée tous ensemble à cause du mauvais temps, mais de nombreuses vidéos ont circulé sur les réseaux et même le ministre Clarinval a eu un retour sur ce que nous avions fait”, ajoute Maud Walquemanne. “Mais il est important de continuer toute cette solidarité pour les autres secteurs qui ne peuvent toujours pas travailler, car même si nous pouvons exercer, il est injuste que d’autres ne puissent pas”, déclarent les deux coiffeurs.

Certains coiffeurs ont vendu leurs propres kits de coloration pour tenir la tête hors de l’eau et pour éviter aux clients d’acheter des colorations en grandes surfaces qui sont souvent de mauvaise qualité.

“Cela m’a permis de survivre et d’avancer. Grâce à ça, j’ai pu faire un plein d’essence, faire quelques courses pour ma famille, Ce sont des choses banales mais sans la vente de ces kits cela aurait été difficile car, même si mon mari travaille, cela ne faisait qu’un seul salaire avec, à payer, le loyer de la maison et du commerce, sans oublier celui de mon fils qui est aux études. Ces kits m’ont aidé à tenir la tête hors de l’eau”, raconte Maud Walquemanne.

À ne pas oublier, les nouvelles mesures à respecter dans les salons de coiffures belges. Même si certaines de ces règles se révèlent parfois contraignantes, quelques unes entre elles ont fini par entrer dans nos habitudes.

“Je pense que le gel hydroalcoolique et les masques sont finalement une bonne idée que je garderais peut-être sur le long terme, mais évidemment si nous pouvions être un peu plus libres sur les mesures, je ne cracherais pas dessus. Cela me dérangera moins quand j’aurais la certitude qu’elles nous permettront rester ouverts, mais s’il faut continuer à les respecter avec en plus la crainte de fermer à tout moment, c’est fatigant”, déclare la coiffeuse cominoise.

Des paroles complétées par Maxime Dumont. “J’espère que cette fois-ci nous resterons ouverts pour de bon. Je serais vraiment énervé si nous devions fermer une fois de plus car, finalement, nous sommes restés fermés durant une longue période, et ce n’est pas pour autant qu’il y avait plus de personnes malades. C’est facile de juger qui est essentiel et qui ne l’est pas quand on gagne des millions d’euros par mois.”

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