Mouscron - Comines La zone de police de Comines-Warneton a développé le logiciel I + B elgium , permettant l’échange d’informations pour suivre les justiciables libérés sous conditions.

La Belgique compte environ 45 000 personnes ayant été jugées pour des faits pénalement punissables, mais laissées en liberté sous conditions. "Il faut s’occuper de ces personnes" , affirme Sébastien Dauchy, chef de corps de la zone de police de Comines-Warneton.

En 2013, une circulaire faisant suite à la Tuerie de Liège, survenue sur la place Saint-Lambert en décembre 2011, insiste sur le rôle des différentes instances impliquées dans ce suivi. Mais le fonctionnement n’est pas des plus efficaces, et engendre des délais très importants.

Dès lors, cinq instances doivent communiquer "pour éviter des dérapages, voire des drames" , continue le commissaire divisionnaire.

Les zones de police , les palais de justice, les maisons de justice, le centre de surveillance électronique et les établissements pénitentiaires sont donc censés travailler main dans la main pour s’assurer que ces 45 000 personnes respectent leurs conditions de libération.

Afin d’optimaliser le partage d’informations entre instances, Frédéric Dejaegere, informaticien pour la zone de police de Comines-Warneton, a planché, en interne, sur une plateforme multidisciplinaire rencontrant cet objectif.

I + Bel gium a vu le jour et a tellement bien fait ses preuves qu’il s’est étendu, tout d’abord à l’arrondissement judiciaire de Mons-Tournai, dès 2015, puis à d’autres.

"C’est une sorte de réseau social sécurisé entre les cinq instances chargées du suivi" , continue Sébastien Dauchy. "On s’est inspirés du côté intuitif des réseaux sociaux" , admet le concepteur du projet.

Dès qu’un jugement est rendu par le tribunal correctionnel, la décision de justice et les potentielles conditions imposées sont entrées dans le logiciel. Dans les 24 heures, les instances concernées sont donc prévenues de la situation du principal intéressé.

Cette plateforme a donc pour vocation d’assurer un meilleur accompagnement des personnes libérées sous conditions, afin d’éviter les risques de récidive. La police joue quant à elle son rôle pour surveiller le respect de ces règles.

De Comines à toute la Belgique

C’est pour assurer le suivi de la quarantaine de personnes libérées sous conditions et résidant sur le territoire de la zone de police de Comines-Warneton que le logiciel a été développé.
D’ici peu, il sera utilisé par l’ensemble des arrondissements judiciaires de Belgique. "Dix des quatorze arrondissements sont déjà connectés, tandis que les quatre derniers suivent les formations" , précise Sébastien Dauchy.
Une situation qui profitera aux justiciables pour leur réinsertion dans la société. "Désormais, ils comprennent que l’on sait directement s’ils ont fait un faux pas. Cela les fait réfléchir à deux fois."