Lors du dernier conseil de police de la zone du Val de l'Escaut (Celles, Estaimpuis, Mont-de-l'Enclus, Pecq), le commissaire-divisionnaire Dominique Debrauwere a fait le point sur le rapport d'activité 2020. Une année assez particulière vu la crise sanitaire. 

"La charge de travail n'a pas du tout diminué, souligne le commissaire-divisionnaire. Nous avons d'ailleurs rédigé un nombre de PV supérieur aux autres années. Ils sont liés à la crise Covid , nous en avons rédigé entre 600 et 700 durant le premier confinement. Nous avons eu beaucoup de problèmes à gérer la zone frontalière où, comme toutes les communes frontalières, nous avons été confrontés au problème du tourisme du tabac, nos amis français ayant beaucoup de difficulté à obtempérer et à ne pas venir faire acquisition du précieux sésame dans nos contrées."

Sur demande du conseiller Bernard Wattez, Dominique Debrauwere a tenté tant bien que mal de commenter l'évolution de la criminalité. "Habituellement, dans les rapports d'activité, on compare toujours les données chiffrées aux trois-quatre années antérieures de manière à donner une évolution. Ici, avec la gestion de la crise Covid, la fermeture des frontières et les différents couvre-feux, il y a une assez grosse fluctuation dans la gestion des faits. J'ai volontairement demandé à ne pas faire de comparaison,  2020 sera un peu une année blanche."

Un constat peut néanmoins être tiré. En effet, lorsque la frontière a été fermée de manière plus significative lors du premier confinement, les chiffres ont véritablement plongé en matière de criminalité.

"À partir du moment où les autorités ont annoncé le déconfinement progressif, c'est vraiment intéressant à suivre, on a vraiment vu les chiffres remonter graduellement dans toutes les criminalités, que ce soit les vols de ou dans véhicule, les vols dans habitation, etc. C'est un des constats que nous avons pu relever. S'il fallait encore l'établir, la frontière reste un obstacle compliqué à gérer en matière de criminalité."

Le président de la zone de police du Val de l'Escaut, Daniel Senesael, a révélé que ces chiffres corroborent la proposition de loi qui a été prise en considération par le parlement.

"Cette proposition a déjà été traitée en première lecture, assure-t-il. On l'appelle Tournai 3 et va donc plus loin que les deux accords précédents pour poursuivre les malfaiteurs au-delà de la frontière. Cela doit permettre de ne plus connaître ce sentiment d'impunité ou du non suivi du méfait qui a été commis. Je peux me servir de ces chiffres, qui sont similaires avec les autres zones couvrant des frontières avec la France. On constate effectivement que lorsqu'il a fallu mettre des plots en béton pour barrer les routes aux frontières, la diminution du nombre de vols dans nos entités a été significative. Il y a donc nécessité de pouvoir suivre et poursuivre les malfrats de l'autre côté de la frontière. La seconde lecture de cette proposition de loi dans les semaines qui viennent trouve tout son sens."