La deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 continue de prendre de l'ampleur. Comme dans beaucoup d'autres endroits, la situation à Mouscron est aujourd'hui catastrophique.

Ce vendredi, la bourgmestre Brigitte Aubert a contacté le directeur du Centre Hospitalier de Mouscron, Grégoire Lefebvre, afin de faire le point. "Il m'a expliqué que nous vivons une crise sans précédent. Notre ville est dans une situation grave. Nous sommes une des communes les plus touchées du Hainaut." Au CHM, fin de la semaine dernière, il y avait ainsi 63 patients dans les unités Covid, 9 aux soins intensifs et 12 en pneumologie. "Ces chiffres ont depuis encore augmenté."

Rappelons que le CHM a annulé toutes les activités programmées. "La montée en puissance de l'épidémie est beaucoup plus sévère que précédemment. Les soins intensifs sont déjà passés, chez nous à Mouscron, en phase 2B alors qu'on demande normalement aux hôpitaux du pays de passer en phase 2A à partir du 2 novembre. Nous sommes donc dans l'ultime phase. Au CHM, on compte dix admissions par jour pour à peine trois à quatre sorties. À un moment, il n'y aura plus de place..."

Brigitte Aubert a également pris le pouls auprès du Président de l'association des médecins généralistes de Mouscron-Comines-Estaimpuis, Alain Leroy. Ce dernier a demandé que des mesures fortes soient prises au sein de la cité des Hurlus. "Il m'a expliqué que nous sommes dans une situation de guerre où notre ennemi est invisible. Les contacts doivent être réduits au strict minimum. Il faut agir car nous sommes à la limite de la perte de contrôle de cette épidémie, chacun doit serrer les boulons. Il faut agir maintenant ou jamais, le corps médical a très peur."

Sans plus attendre, de nouvelles mesures devaient être prises. En premier lieu, Brigitte Aubert a dévoilé avoir pris une ordonnance concernant la fermeture des lieux de divertissement et de loisirs, tels que les bowlings, billards, Battlekart, etc., ainsi que l'interdiction des activités des mouvements de jeunesse. Une mesure qui entre en vigueur ce lundi 26 octobre jusqu'au 15 novembre prochain.

La seconde ordonnance a été prise après une réunion en vidéoconférence avec tous les directeurs des écoles de Mouscron, tout réseau confondu, de la maternelle à la secondaire. "On a bien entendu la situation que vivent nos écoles. Nous devons casser les rencontres et les rassemblements. C'est pour cela que la décision a été prise de fermer les écoles dès ce lundi jusqu'au 11 novembre inclus." Cette décision ne concerne par contre pas l'école supérieure d'infirmières. "L'hôpital aura besoin de renforts de stagiaires", argumente la bourgmestre.

Il est ainsi demandé aux écoles de mettre en place des cours à distance. Des garderies seront encore organisées dans les écoles pour les parents qui travaillent dans le secteur de la santé et de la sécurité et qui n'ont pas d'autre solution de garde. "Je sais que cela va être difficile pour certains parents. C'est pour cela que je demande aux employeurs de soutenir le télétravail. Tout le monde doit faire preuve de compréhension. Les enfants doivent rester un maximum à la maison."

D'autres chiffres permettent encore de comprendre la nécessité de ces nouvelles mesures. Au niveau du testing, le taux de positif était de 2% en septembre, de 12,5% il y a deux semaines pour se chiffrer aujourd'hui à 30%. En ce qui concerne le taux d'incidence par 100 000 habitants, il est de 900 en Belgique, 1 200 dans le Hainaut, 950 à Roubaix, 1 135 à Tourcoing et 1 800 à Mouscron. "Les chiffres parlent d'eux-mêmes... Soyons responsables ! La vie des gens est en jeu !"