Le personnel médical n'a pas encore eu le temps de totalement récupérer mentalement et physiquement de la première vague de l'épidémie de Covid-19 qu'ils doivent déjà affronter la deuxième. Cette dernière s'annonce de plus bien plus éprouvante que la précédente.

Sur les réseaux sociaux, Wim Bruyneel, anesthésiste au Centre Hospitalier de Mouscron, a rappelé dans un message très significatif l'importance du respect des règles sanitaires. Découvrez son message ci-dessous.

"À tous et toutes qui inondent depuis des mois les médias sociaux avec des graphiques, interprétations, opinions sur l’utilité et l’efficacité des mesures, la gravité et mortalité de la pandémie.

Notre réalité est la suivante : ce vendredi 23 octobre, nous avons 86 patients Covid-19 dans notre clinique dont 9 en réanimation. Nous dépassons déjà largement notre maximum de la première vague et nous ne sommes qu’au début. Si cela continue nous aurons dans une semaine 150 à 160 patients Covid-19 hospitalisés.

Toutes les interventions non urgentes ou non nécessaires sont dorénavant annulées et il faut comprendre que même pas toutes les interventions cancérologiques sont urgentes. Les interventions urgentes sont programmées dans 2 (!) salles opératoires au lieu de 10, avec un effectif minimal en personnel.

Que la mortalité du Covid-19 n’est pas si catastrophique a tout à voir avec le fait que notre système hospitalier a su éviter l’implosion. Les patients atteints de la Covid-19 demandent des soins très intensifs. Parfois tu vois un patient qui se comporte relativement bien se dégrader et mourir devant tes yeux en 30 minutes.

Nous nous retrouvons maintenant au bord de l’implosion. Ce que cela veut dire, nous l’avons vu en Italie et Espagne.

Nous devrons donc probablement faire à un certain moment des choix extrêmement difficiles et nous le ferons.

Ce que vous pouvez faire pour nous c’est : la distanciation, le port d’un masque si la distanciation n’est pas possible, laver les mains et fréquenter le moins de personnes possible. Un couvre-feu n’est pas une invitation pour des fêtes en cercle privé, une quarantaine n’est pas une vacance.

Si vous n’êtes pas convaincu, vous ne pouvez plus venir le voir à l’hôpital, sauf comme patient."