Le nourrissage des canards du canal de l’Espierre met en péril l’écosystème.

Depuis le début de l’été, l’administration communale d’Estaimpuis est régulièrement alertée par les riverains de la recrudescence inquiétante du nombre d’oiseaux et de poissons morts le long du canal de l’Espierre.

Les épisodes de canicule de fin juin et de la mi-juillet ne sont certes pas étrangers à l’affaire, mais après consultation des experts du Service Public de Wallonie, gestionnaire de la voie d’eau, c’est le nourrissage des animaux qui est de fait pointé du doigt.

"Tout partirait ainsi d’une bonne intention de promeneurs et d’habitants de l’entité qui distribuent quotidiennement du pain en surabondance aux oiseaux. Sans imaginer un seul instant les effets néfastes de ce geste anodin !" constate Adeline Vandenberghe (PS), échevine de l’Environnement et du Bien-être animal à Estaimpuis.

Et pourtant, les canards s’en gavent ! Alors que le pain n’est pas du tout adapté à leurs besoins alimentaires.

"Pire même, après ingestion, l’aliment gorgé d’eau gonfle dans l’estomac des volatiles qui nichent en bordure de canal. Ce qui provoque, en périodes de fortes chaleurs, des troubles digestifs pouvant rapidement entraîner la mort", explique Corentin Vansteenhuyse, éco-conseiller et agent constateur des infractions environnementales.

En période de canicule, le phénomène prend seulement de l’ampleur. Car les canards, épuisés par les conditions climatiques, évitent le moindre effort et se regroupent aux endroits de nourrissage qu’ils ont vite appris à connaître.

Ensuite, c’est le cercle vicieux qui s’enclenche. La concentration de déjections animales et de nourriture au même endroit appauvrissent le cours d’eau en oxygène. Entraînant le développement du botulisme, une bactérie qui produit à son tour des toxines mortelles pour les canards et les poissons de l’Espierre.

Pour tordre le cou à ce fléau, Adeline Vandenberghe et Corentin Vansteenhuyse ont mobilisé avec succès les réseaux sociaux et sensibilisent, sans relâche, les usagers du canal.

Dans quelques jours, des panneaux didactiques seront d’ailleurs installés aux entrées stratégiques du cours d’eau. Car à Estaimpuis, l’on veut à tout prix éviter l’amende pour ultime recours.