Comme de coutume, la locale Écolo d'Estaimpuis profite de ses vœux pour faire le bilan de la politique communale menée lors des douze derniers mois. Crise Covid oblige, ce traditionnel rendez-vous autour d'un petit-déjeuner n'a pas pu se tenir de manière physique. C'est donc via vidéoconférence qu'ont procédé les Verts cette année.

Chaque intervenant était ainsi invité à lister ses tops et ses flops. C'est le conseiller communal Xavier Adam qui a ouvert le bal. "La majorité a allié sécurité, convivialité et modernité le long du canal avec un éclairage intelligent installé à Leers Nord entre la passerelle et la Maison du Canal. C'est un projet sympa de prime abord mais le corridor vert est un lieu qui doit être préservé le plus possible. En journée, on peut s'y promener mais il serait préférable de laisser la faune tranquille la nuit pour qu'elle puisse se développer. Cette situation n'a jamais été discutée avec des associations environnementales, aucune évaluation n'a été faite."

Xavier Adam a ensuite évoqué la mobilité. "Il y a quelques années, nous parlions du pont de l'inutile, nous pourrions cette fois parler de la piste cyclable de l'inutile." Le conseiller évoque celle aménagée à la rue de Belva à Leers Nord. "Ce n'est même pas une piste cyclable mais juste un trottoir car elle n'a pas les dimensions réglementaires alors que cela nous a coûté un os."

Si le conseiller se montrait satisfait de voir l'éco-conseiller de la commune mandaté pour devenir son conseiller mobilité, il craignait cependant de le voir faire face à une surcharge de travail. Le chef de groupe José Lericque abondait dans le même sens. "Beaucoup de personnes de la commune tombent en burn-out suite à une surcharge de travail. C'est un phénomène récurrent puisque l'on charge constamment les employés, cela devient un peu scabreux ce qu'il se passe au sein de la commune."

Le chef de groupe Écolo au conseil communal revenait de son côté sur le gâchis du Collège de la Salle, un bâtiment abandonné depuis bien longtemps. "Il y a tellement à faire dans ce bâtiment alors que l'on constate énormément d'argent dépensé dans divers projets.... Ce gros flop planera au-dessus de nous encore longtemps." José Lericque a encore notamment pointé du doigt le projet du cimetière et de la Maison de l'Entité prévu à Estaimbourg. "Le cimetière n'est pour nous pas indispensable, on dénonce ce projet trop onéreux."

Au rayon des projets onéreux, José Lericque a encore ciblé le CEME, le Centre Éducatif Mitterrand Estaimpuis. Si l'école tourne heureusement bien, le chef du groupe souligne les coûts importants qu'a dû assumer la commune. Marie Balesse, militante au sein de la locale Ecolo Estaimpuis depuis 2017, a également évoqué le CEME.

"Évidemment, nous ne pouvons que nous réjouir de la création de cette école secondaire de proximité et de la mise en place de la pédagogie active qui semble tenir ses promesses. On ne peut malheureusement que regrette de voir la commune se priver de forces vives compétentes après avoir écarté l'asbl l'École de la Vie en Grand à l'origine du projet..."

Marie Balesse déplorait également un manque de concertation et de travail en amont pour la sécurisation de la route aux abords de l'établissement scolaire. "À Leers Nord cela a été bien fait avec la rue scolaire." D'ailleurs, en termes de voirie, Écolo était satisfait de voir les travaux de la place de Bailleul se terminer.

Enfin, le dernier conseiller Écolo à avoir rejoint la table du conseil communal, Patrick Vantomme, se livrait également à cet exercice. En commençant par le positif et l'abandon du dossier Cora. "On peut se réjouir de voir ce projet mégalomane être abandonné. Nous avons connu vingt et un ans de rebondissements, nous y avons perdu beaucoup trop de temps." Patrick Vantomme était également heureux de voir le retour du marché de Néchin et de la création de la plateforme regroupant les commerces et producteurs locaux.

Il se montrait cependant un peu plus sceptique sur d'autres sujets, notamment la tombola organisée pour soutenir le commerce local. "Évidemment, c'est primordial de défendre le commerce local à tout prix. Les chèques fournis aux habitants à dépenser dans les commerces locaux étaient une bonne chose. La tombola, par contre, rate son objectif vu le nombre de commerces qui ne peuvent pas encore en bénéficier... De plus dépenser 20 000€ pour l'achat d'une voiture (offerte comme gros lot de la tombola NdlR) , c'est quand même beaucoup."

En conclusion, Guy Trooster, représentant Écolo au Conseil de l'Action Sociale, évoquait un souhait qui tient à cœur de la locale. "Nous souhaitons faire participer le citoyen dans la politique communale. Cela manque cruellement à Estaimpuis. Si jamais, un jour, nous sommes amenés à participer au pouvoir communal, notre touche particulière sera de faire de la politique autrement en y amenant les citoyens. C'est de cette manière que les projets fonctionnent le mieux. Nous espérons que les Estaimpuisiens nous permettront de le montrer."

Une année d'actions, malgré la crise sanitaire

Delphine Poquet, co-présidente de la locale Écolo d'Estaimpuis, est quant à elle revenue sur les activités mises en place par le groupe en 2020. Et, malgré la crise sanitaire, la locale a pu se montrer bien active.

"Nous avons pu commencer par fêter la Saint Valentrain, où nous avons distribué des chocolats aux navetteurs de la gare d'Herseaux pour les féliciter de l'usage de la mobilité douce. Nous avons également pu décorer notre local privé où nous organisons nos VertDredis, des mini-conférences où nous abordons différentes thématiques variées."

La co-présidente a ensuite encore cité l'action menée avec des bénévoles en septembre dernier pour dénoncer le manque de sécurité au CEME ou celle menée contre la disparition des sentiers qui sécurisaient les usagers de la mobilité douce. "Pour 2021, nous envisageons d'ailleurs la mise en place d'un groupe de travail pour la mise en place d'un véritable plan de mobilité sur l'entité."

Écolo Estaimpuis a encore pris part à l'action Wallonie plus propre et à l'action Yes We Plant, dont le but est de planter 4 000 km de haie en Wallonie pour sauver la biodiversité. "Nous espérons vivement la fin de la crise sanitaire pour nous rassembler, mettre en œuvre des actions et surtout retrouver le lien social avec les citoyens !"