En novembre dernier, quatre citoyens avaient introduit, au nom de plusieurs centaines d'autres, un recours auprès du Service Public de Wallonie contre le dossier de l'extension du poulailler industriel à retrouver du côté de la rue du Moulin-Rouge, au cœur de la cité de la Main. Un projet accepté par le collège communal et qui permettra à l'exploitant de passer d'une capacité de 72 000 à 132 000 poulets.

La réponse est ainsi dernièrement tombée. Dans un recommandé adressé aux personnes qui ont introduit le recours, il a été expliqué que "les ministres n'ayant pas transmis leur décision relative aux recours formulés contre la décision du Collège communal, la décision prise en première instance est confirmée".

Concrètement, le recours a été examiné par les deux ministres compétents dans ce dossier, à savoir le ministre Borsus (MR) en charge de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme et la ministre Tellier (Écolo) en charge de l'Environnement et du Bien-être animal.

Comme nous l'explique Pauline Bievez, porte-parole du ministre Borsus, ce dernier a souhaité suivre les avis favorables des différentes instances qui avaient été reçus. "Le ministre a souhaité les suivre parce qu'il les jugeait pertinents, nous confirme la porte-parole. De son côté, la ministre Tellier ne souhaitait pas les suivre et c'est la raison pour laquelle les ministres se sont abstenus de délibérer. C'est ce que prévoit la procédure. Quand pareil cas, c'est la décision de première instance qui est confirmée."

Nathalie Guilmin, porte-parole de la ministre Tellier, confirme. "Ce qu'ils ont convenu, c'est que chacun s'exprime sur le dossier. S'il n'y a pas d'accord, c'est la décision de première instance qui fait foi. Cela ne veut cependant pas dire qu'ils ne se sont pas penchés sur le dossier, loin de là. De notre côté, il y a toute une réflexion qui vient d'être lancée avec le CRA-W (Centre wallon de Recherches agronomiques NdlR) pour lancer une étude sur les poulets de chair pour évaluer, améliorer les pratiques d'élevage et avoir des arguments plus forts dans l'examen des dossiers de permis sur base d'une étude scientifique qui est en cours à Gembloux."

En attendant, c'est la douche froide du côté du collectif de citoyens. "Nous avons 400 personnes qui nous soutiennent, qui sont derrière nous, qui ont fait la démarche de signer un document en disant qu'ils étaient contre ce projet... On leur dit quoi ? Nous n'avons reçu aucune argumentation. Un non argumenté aurait été moins difficile à digérer, déplore Rebecca Nuttens qui fait partie des personnes à avoir introduit le recours. Ce sera donc la décision du Collège de Mouscron qui sera appliquée. Le Collège de Tournai a osé dire non au projet du poulailler industriel de Mont Saint-Aubert et le Collège de Pecq à celui d'Hérinnes. Mais la majorité cdH-MR n'a pas eu ce courage-là."

Il reste encore aux riverains la possibilité d'introduire un recours devant le Conseil d'État mais cette procédure représente encore un coût financier. "Nous allons étudier cela avec notre conseil", conclut Rebecca Nuttens.