Il y a vingt ans, Jean-Marc Vandenbogaerde perdait la vie après une dure intervention.

La deuxième édition de l’Hurluban Trail, qui devait normalement se tenir ce dimanche, devait être l’occasion de commémorer les vingt ans de la disparition du premier sergent Jean-Marc Vandenbogaerde. Les coureurs devaient en effet passer par le clos qui porte son nom.

Si l’événement sportif n’a pas pu se tenir, le Covid-19 étant passé par-là, l’Amicale des Sapeurs-Pompiers de Mouscron a tout de même souhaité honorer la mémoire du premier sergent et mettre en exergue sa carrière.

Jean-Marc Vandenbogaerde est rentré au service incendie de Mouscron en 1977 où il rejoignait son papa. Le 1er janvier 1998, il devenait premier sergent.

Le 10 janvier 2000, il ne le savait évidemment pas mais il allait alors vivre sa dernière intervention. Vers 13 h 30, les pompiers de Mouscron étaient appelés à la suite d’un feu de cheminée au sein d’une habitation de la rue des Frontaliers à Herseaux. Sur place, l’intervention s’avérait très compliquée. Un enfant se trouvant possiblement à l’intérieur, le premier sergent s’engouffrait dans la maison avec son équipe.

Prisonnier des flammes

"Quelques minutes plus tard, un architecte qui se trouvait de l’autre côté de la rue m’a vite informé que le mur de la maison se crevassait, détaille le commandant de l’époque Pol Lowagie. J’ai alors donné l’ordre d’évacuer le bâtiment."

En chef d’équipe, Jean-Marc Vandenbogaerde a fait sortir ses hommes en premier. Alors qu’il arrivait à la sortie, le pignon s’est effondré, laissant le premier sergent prisonnier des flammes.

L’opération de sauvetage a été compliquée et a duré 40 minutes. "Il a été sorti du bâtiment vivant et conscient", révèle Maxime Dessauvages, président de l’Amicale des Sapeurs-Pompiers de Mouscron. Hospitalisé au CHU de Lille à la suite de ses nombreuses brûlures, Jean-Marc Vandenbogaerde n’en sortira malheureusement jamais…

"Durant son hospitalisation, un véhicule partait chaque jour de la caserne pour lui rendre visite, se souvient Alain Breyne, pompier qui avait participé à l’intervention délicate. Après cinq mois d’hospitalisation et de calvaire, il a perdu la vie le 21 juin 2000, à la suite des complications de ses brûlures, laissant derrière lui sa femme et ses deux filles."

Toutes les personnes qui l’ont côtoyé retiendront de lui de belles valeurs. "Il était courageux, très appliqué et apprécié dans le service. Son esprit volontaire était toujours mis en exergue." Chef des maçons de la Ville, il avait là aussi laissé un souvenir inoubliable. Le collège échevinal de l’époque avait d’ailleurs décidé de renommer une rue à son nom.

Ce triste fait rappelle à quel point le métier de pompier est à risque. "Heureusement, les pompiers ne pensent pas à cela lorsqu’ils partent en intervention mais les risques sont constamment présents… Jean-Marc a donné sa vie."

Mickaël Delfosse