Une convention mettant fin à l'emphytéose portant sur la ferme Verbauwhede-Joveneau à Luingne a dernièrement été décidée par la majorité cdH-MR. La bourgmestre Brigitte Aubert (cdH) a motivé cette décision par l'état du bâtiment qui nécessite des travaux trop importants relativement à l'usage qui en est fait, à savoir du stockage de matériel.

Mettre fin au bail emphytéotique permettra à l'IEG de disposer de ce bien pour ses besoins propres
, explique-t-elle. Le stockage du matériel de la police et le terrain d'entraînement canin seront transférés sur d'autres sites. Les tuiles et briques des bâtiments à détruire seront transférées à la ferme Saint-Achaire pour reconstruire le hangar qui a été détruit par l'incendie il y a deux ans."

Un nouvel exemple mettant en avant, selon Écolo, du problème mouscronnois concernant la sauvegarde des bâtiments. "Si la ferme Verbauwhede-Joveneau n’est pas reprise dans l’inventaire du patrimoine, elle reste néanmoins un témoin rural datant des années 1880, avec porche d’entrée et plusieurs bâtiments ayant conservé leur cachet d’origine, souligne la conseillère Gaëlle Hossey (Écolo). Pourquoi ne pas entretenir correctement ces bâtiments avant qu’il ne soit trop tard ? D'ailleurs, est-il vraiment trop tard ?"

Comme le rappelle la conseillère, la fin de ce bail permet à l’IEG de disposer de ce bien pour ses projets propres. "Un permis de démolition a déjà été obtenu, encore un bâtiment qui va disparaître…" Si des bruits laissent entendre que des appartements prendront place en cet endroit, la bourgmestre s'est voulu claire. "Je ne laisserai pas faire des appartements à cet endroit, le guide communal de l'urbanisme ne le permettra pas. Nous devons garder la hauteur actuelle."

Les remarques de Gaëlle Hossey ont également fait réagir l'échevine du Patrimoine, Marie-Hélène Vanelstraete (cdH). "C'est un peu difficile d'entendre qu'on entretient très mal nos bâtiments, assure-t-elle. Cette ferme est ancienne et l'IEG ne l'a pas récupérée dans un état parfait. Parfois, nous devons faire des choix. Je pense à l'église des Barnabites et l'école qui y est associée, le collège a choisi d'acheter ces bâtiments car la valeur patrimoniale était importante. On va y faire des gros travaux, très coûteux, ce qu'on ne peut pas faire partout et en même temps. Il y a des choix à faire. Je me réjouis qu'on puisse également sauver l'église du Sacré-Cœur. Ce n'est pas non plus la mission d'une commune de racheter tous les biens et d'y faire des rénovations. Avec la disparition de la ferme Verbauwhede-Joveneau, c'est un pan d'histoire qui va s'effondrer, c'est difficile de la voir par terre mais on doit faire des choix."

La bourgmestre a tout de même reconnu avoir laissé certaines choses mais que cela est désormais du passé. De son côté, Gaëlle Hossey soulignait enfin l'urgence de la situation. "Beaucoup de choses doivent être réfléchies. Je ne dis pas que la commune doit garder tous ses biens mais on laisse à l'abandon des biens dont on aurait pu faire des choses. Il est grand temps de se bouger, il y a des choses à faire. On est en train de perdre tout notre patrimoine. Une fois qu'il ne sera plus là, il sera trop tard."