Deux conseillers se sont exprimés sur l’interdiction de la manifestation sollicitée par le collectif Mouscron en Colère.

Comme nous vous l’avons déjà annoncé il y a quelques jours, le collège communal et de police a décidé de ne pas autoriser la manifestation prévue par le collectif Mouscron en Colère qui était prévue le 29 février prochain et qui visait à solliciter la fermeture du Refuge.

Évidemment, ce sujet est revenu sur le tapis du conseil communal de la cité des Hurlus ce lundi soir. Deux questions d’actualité ont été posées à ce propos. Deux avis diamétralement opposés ont ainsi été émis.

Pascal Loosvelt, conseiller communal indépendant (ex-PP), a d’abord pris la parole.

"Pourquoi avoir émis un avis négatif quant à cette manifestation ? Même si nous ne partageons pas toutes les idées du groupe Mouscron en Colère, certaines de leurs questions ne sont pas dénuées de tout fondement. Avez-vous eu peur de la présence de groupuscules d’extrême gauche, genre anti-fasciste ? Il n’est pas judicieux d’interdire ce genre de manifestation."

Le conseiller communal indépendant assurait que la bourgmestre faisait preuve d’un déni de démocratie, tout en soulevant ses pensées, évidemment négatives, sur le Refuge.

Alain Leroy, conseiller communal PS, prenait ensuite la parole sur ce sujet qui lui tient particulièrement à cœur.

"Je suis un enfant de victimes du régime nazi. Mes parents, engagés dans la défense des valeurs démocratiques et en lutte contre l’extrême droite et la peste brune, ont payé de leur santé et mon père de sa vie pour leur engagement. Hélas, le ventre est encore fécond et on voit surgir la bête immonde. L’événement du 29 février est un prétexte pour une manifestation xénophobe."

Selon le conseiller, certains propos retrouvés sur la page Facebook du collectif ne cachent pas l’orientation de leurs membres : "peine de mort et faisons sauter les mosquées ; pas d’excuse, tuez-les sans faire de chichi…"

"Nous ne pouvons accepter que des partis fascistes puissent défiler dans les rues de notre ville. Nous ne pouvons accepter que notre ville devienne le terrain de jeux de groupuscules d’extrême droite. Le racisme n’est pas une opinion mais un délit !"

Alain Leroy rappelait que PS et Ecolo saluaient la décision de ne pas autoriser la manifestation. "Nous tenons à condamner fermement les appels à la haine de l’autre et à la violence. Nous serons résolument et fermement à vos côtés dans toutes les initiatives qui luttent contre la montée de ces phénomènes qui surfent sur la colère des gens sans apporter aucune réponse." Un discours largement applaudi par l’assemblée.