Sans Christian Leclercq, Daniel Senesael n’aurait sans doute jamais été bourgmestre.

Quarante ans d’une amitié indéfectible. "Tout a commencé à la Maison du peuple d’Estaimbourg, où je venais de m’établir. Un jeune homme, blond vénitien, m’a offert le verre de bienvenue et proposé de rejoindre le mouvement Jeunesse et Loisirs pour le compte duquel il recrutait des moniteurs" , se remémore l’éternel pompier de service.

Christian Leclercq et son épouse ont ainsi rallié Daniel en stages durant les périodes de vacances scolaires.

"Jusqu’au jour où, par amitié, j’ai bravé la réprobation en acceptant de figurer sur la liste socialiste aux élections communales" , rappelle le mouton noir de la famille.

Il faut dire qu’à l’époque les rouges bouffaient du curé. Et que, face à son oncle René Ottevaere, échevin social-chrétien de l’Enseignement, Christian déclenchait l’ire des siens. D’autant qu’à l’issue du scrutin il est élu, à 24 ans, avec 150 voix de préférence. Et devient, pour 18 longues années, conseiller communal dans l’opposition, aux côtés de son ambitieux et fantasque copain.

Le chauffagiste s’installe au cabinet

"Daniel a pour habitude de dire que, sans moi, il ne serait jamais devenu bourgmestre. Car, durant sa patiente conquête du pouvoir, nous avons partagé l’agenda du week-end pour être sur tous les fronts et serrer les pinces", raconte le binôme, avec nostalgie.

"Mais, en vérité, c’est Daniel qui a bouleversé mon destin. J’étais chauffagiste et mon ami m’a poussé à retourner sur les bancs de l’école pour devenir professeur. En 1988, il m’a ensuite fait démissionner de l’enseignement provincial pour le rejoindre, comme attaché de presse, au cabinet du ministre Bodson. Puis comme échevin, durant quatre mémorables mandats à ses côtés", résume-t-il avec une infinie gratitude.

"Aujourd’hui, mandataire et pompier à la retraite, je rejoins Daniel chaque matin à la commune la presse sous le bras. Et j’assure, sous contrat de volontariat, le suivi des travaux, comme par le passé."

Parce que l’amitié sincère n’a pas de fin.

Quentin Huart est pressenti comme le successeur du bourgmestre

Durant onze ans, le Tournaisien, frais émoulu diplômé en communication, a suivi, comme attaché de presse, la vie trépidante du député-bourgmestre d’Estaimpuis. "C’était en 2006, après les élections. Daniel Senesael m’avait accueilli, durant un mois, comme stagiaire. Mais ce matin-là, c’est comme chargé de communication qu’il me serrait la main" , se remémore le jeune échevin des Finances.

À 33 ans, Quentin Huart est pressenti comme le successeur du bourgmestre, auquel il voue une admiration sans borne. "Je n’ai jamais vu quelqu’un donner autant de sa personne au service des gens, sans distinction d’appartenance politique. Il m’a pris sous son aile, comme le ferait un professeur bienveillant. Soucieux de toujours tirer ses collaborateurs vers le haut. En leur transmettant l’exigence qu’il s’impose à lui-même, en arrivant tous les matins de très bonne heure à la commune" , dresse pour portrait le bras droit du bourgmestre de gauche. "Il a aussi pour habitude de dire que rien ne lui est dû et sans cesse le souci de la réciprocité et du remerciement."