Mouscron - Comines Un père et ses quatre enfants doivent trouver, nuit après nuit, un endroit pour dormir. L’abri de nuit leur est refusé.

C’est une situation bien catastrophique qui se présente depuis quelques jours à une famille de quatre enfants. À la rue depuis le vendredi 27 septembre suite à un problème de harcèlement et de menaces de leur bailleur, le père et ses enfants, dont certains âgés de moins de douze ans, doivent se battre chaque jour, nuit après nuit, pour trouver un endroit où dormir.

"La possibilité de les installer à l’abri de nuit a été évoquée", souligne Anne-Sophie Rogghe, conseillère communale Ecolo. "Il a été répondu que l’abri de nuit n’est accessible qu’aux adultes et pas aux enfants, le lieu n’étant pas adapté pour les mineurs. On se demande si la rue est plus adaptée pour eux…"

Le Service d’aide à la jeunesse a pour sa part assuré que les enfants pourraient être placés séparément mais pas avant plusieurs semaines. "Nous sommes pourtant ici dans une situation d’extrême urgence", assure encore la conseillère.

"La question se pose ici pour des enfants étrangers mais elle se pose aussi pour des enfants belges. On a tous connu des cas d’enfants dormant dans des voitures, même à Mouscron. Tout cela parce que les logements d’urgence et de transit ne peuvent pas se libérer en extrême urgence, parce que les systèmes d’aide et de protection à l’enfance sont débordés et n’ont pas de place possible disponible rapidement."

Pour Anne-Sophie Rogghe, si l’abri de nuit est destiné à accueillir les plus faibles, alors un enfant devrait y trouver sa place. "C’est un minimum et c’est peut-être même une obligation légale que nous impose la convention internationale des droits de l’enfant des Nations unies de 1989. Cette convention ratifiée par la Belgique s’impose aux autorités publiques dans leur relation aux enfants. Un enfant a droit au respect, à bénéficier aux mêmes droits que ses parents qui auraient le droit d’aller dans l’abri de nuit et a droit à une vie décente."

L’échevin des Affaires sociales, Didier Mispelaere (CDH), a confirmé pour sa part que l’abri de nuit n’est pas aménagé pour y accueillir des enfants. "Les chambres sont au nombre de trois. Une réservée aux femmes et deux autres pour les hommes. Le règlement d’ordre intérieur de cet abri de nuit stipule clairement que les mineurs y sont interdits suite à la disposition des lieux. Si un éducateur avait refusé cette famille, il n’aurait fait que stricte application du règlement."

Il aurait cependant été accordé à la famille de pouvoir venir prendre une douche à l’abri de nuit, sans qu’elle ne se présente finalement. "Pour le reste, l’abri de nuit n’assure aucun accueil de jour, cette famille aurait dû trouver une autre solution."