Ils étaient une cinquantaine de chefs d’entreprise de la région, ce mardi midi, à se réunir au Domaine de la Blommerie, à l’invitation d’Entreprendre. Wapi, l’agence de stimulation économique de Wallonie picarde soutenant la croissance économique chez nous. En préambule au repas servi par le chef Christophe Baert, Ludivine Dedonder a brossé les actions du ministère qu’elle dirige, avec son nouveau plan de relance

En approximativement 45 minutes, l’exercice fut ardu d’à la fois résumer l’action de la Défense au quotidien et de répondre aux interpellations des convives. Elle y est pourtant arrivée avec une aisance déconcertante qui n’a pas manqué d’être applaudie. La ministre a évoqué la politique de désinvestissement de l’armée durant des décennies qui est enfin stoppée. "Il n’y avait plus de crainte d’une menace de sécurité mais l’actualité démontre aujourd’hui le contraire.."

Soutenir l’industrie belge

Il fut aussi question de l’emploi et des formations, avec une campagne importante de recrutement de militaires mais aussi de civils trop souvent ignorée.

Les finances furent nécessairement abordées. Elle songeait aux salaires des militaires qui n’avaient pas été augmentés depuis vingt ans mais aussi aux investissements "judicieux", ceux "qui peuvent servir sur notre territoire et à l’étranger", de quoi notamment soutenir l’industrie belge par cette politique d’investissement.

L’Ukraine s’est logiquement invitée, notamment par le reproche maintes fois entendu de ne pas intervenir directement sur ces terres. "Notre pays privilégie d’abord le dialogue, la diplomatie et la désescalade […] Le président Zelensky a reconnu lui-même, récemment, que la Belgique était l’un des premiers pays qui l’avait aidé. Nous avons livré 36 millions € d’armes et de matériel." Le dernier mot fut à propos de la nostalgie du service militaire que certains voudraient voir obligatoire, ce que Mme Dedonder mettra en place sur base volontaire. De quoi offrir un cadre et une formation à des personnes en recherche d’emploi.

Un question-réponse sur les sujets wallons picards

Mouscron étant encore une terre de textile aujourd’hui tournée vers l’excellence, vers le haut de gamme, ce fut l’occasion d’aborder la nécessité d’utiliser du textile "sensible" dans l’armée. Un industriel a déploré un constat : l’Europe est le seul continent à ne pas l’utiliser dans l’armée, ce à quoi la Ministre s’est dite favorable à la réflexion.

Des dirigeants tournaisiens étant présents, elle fut aussi interpellée sur l’avenir de la caserne Saint-Jean. L’occasion d’apprendre l’un des futurs objectifs insoupçonnés après rénovation : "Ce serait d’y créer la seconde école de sous-officiers de Belgique, après celle de Saint-Trond. Il y a clairement l’idée d’en faire le pendant wallon, tout en n’y abritant pas que des Wallons, je veux les deux langues à Tournai. C’est un lieu stratégique pour la Wallonie, la Flandre et la France."

La condition physique de militaires et la cybersécurité au sein de la Défense furent aussi questionnées.

En guise de clôture de la rencontre, la bourgmestre a notamment remercié la Ministre pour l’intervention de l’armée lors du pic épidémique au sein de la maison de repos du CPAS hurlu ainsi que pour l’appui militaire au sein du centre de vaccination.