Mouscron - Comines

Le procès de Daniel Deriemacker (38 ans) devant la cour d'assises de Flandre occidentale a repris à la mi-journée, après avoir été interrompu en matinée à la suite d'un courrier anonyme. La lettre, adressée au président de la cour Antoon Boyen, révélait que l'accusé était le commanditaire du meurtre de sa femme, mais pas l'exécutant. La sœur de l'accusé était à nouveau entendue devant la cour. Daniel Deriemacker est accusé d'avoir assassiné sa femme, Carmen Garcia Ortega (35 ans), le 10 janvier 2017 à Comines, dans le Hainaut.

Plusieurs parties au procès ont reçu ces derniers jours ou ce matin un témoignage anonyme indiquant que l'accusé n'était pas le seul auteur du meurtre et qu'il en était en réalité le commanditaire. Le témoignage, qu'il soit parvenu par téléphone ou par courrier, mentionnait, comme source de cette version, la sœur de l'accusé. C'est donc Rebecca Deriemacker qui a été entendue mercredi en début d'après-midi.

Le président Antoon Boyen a demandé à la témoin si elle reconnaissait l'écriture manuscrite. "Non, je ne connais pas cette écriture, mais selon moi, c'est bien une écriture féminine." Dans son témoignage, elle a fait allusion au passé de videur de son frère à Ypres. "Je l'ai supplié en prison. Et je le supplie encore aujourd'hui. S'il a une info, peu importe laquelle, qu'il parle maintenant."

Elle a ensuite souligné en sanglotant qu'elle ne voulait absolument pas être impliquée dans quelque chose dont elle n'a rien à voir. Elle a cependant confirmé que Daniel Deriemacker avait indiqué que ses parents, frères et sœurs étaient en danger s'il disait quelque chose. "Il y a longtemps, il a dit que nous pouvions être en danger, mais cette info dans la lettre ne peut pas venir de moi."

L'accusé a également été questionné. "Je pense qu'elle est maintenant un peu bouleversée avec cette lettre. Je ne sais pas non plus qui a tué ma femme et j'aimerais bien aussi le savoir." Le président l'a alors interrogé sur ces risques qu'encouraient ses proches. "Je leur ai toujours dit que je ne parlerais pas de certaines personnes auxquelles j'étais confronté dans le milieu des sorteurs, qu'ils pourraient être en danger si je le faisais. Cela n'a rien à voir avec cette affaire. Si j'avais une information, je la donnerais, car je veux que justice soit faite pour ma femme."

Une enquête téléphonique a entre-temps également été ordonnée afin de déterminer qui se cache derrière les appels anonymes passés à la défense et à la mère de la victime.