Mouscron - Comines

Le témoin clé du procès en assises de Daniel Deriemacker pour l'assassinat de Carmen Garcia Ortega a été entendu ce jeudi après-midi par le jury de la cour d'assises de Flandre occidentale. 

Le 10 juin 2017, Frédéric R. avait remarqué une silhouette suspecte à Comines. Cette personne se déplaçait dans une voiture semblable à la Ford Fiesta de l'accusé. A la demande du président, ce témoin se rendra également à la visite des lieux du décès de la victime lundi soir.

 Le président Antoon Boyen est revenu en détails sur les déclarations du témoin. Il a rappelé que Frédéric R. s'était rendu à la gare après avoir entendu la cloche de l'église, ce qui permet de préciser l'heure. Peu après 21h30, il a aperçu un homme, qui pourrait être le suspect. "Une personne m'a dépassée, assez rapidement, par le trottoir. J'ai été surpris. Il était plus grand que moi et portait un pantalon noir et une veste noire avec une capuche."

Frédéric R. promenait son chien dans la même direction et a eu l'homme qui l'avait dépassé dans son champ de vision un petit temps. Celui-ci est vraisemblablement rentré dans une voiture garée rue des Déportés. "J'ai entendu une portière claquer et ensuite les phares d'une voiture s'allumer. La voiture a ensuite reculé et pris la direction de la rue de Houthem." Selon le témoin, un des feux situés à l'arrière de la voiture ne fonctionnait pas correctement. "J'ai aussi l'impression qu'il y avait des garde-boues sur les roues arrières et je pense avoir vu une plaque d'immatriculation belge."

Grâce à sa compagne et un habitant de la commune, ses remarques ont pu être transmises à la police. Les enquêteurs ont alors pu faire le lien avec la vieille Ford Fiesta appartenant à Daniel Deriemacker. Celui-ci a alors été interpellé le 21 avril 2017. Un membre du jury s'est rappelé que, mercredi, la police avait indiqué que la voiture de Daniel Deriemacker avait quatre phares avant. "J'ai vu deux phares à l'avant. Les feux anti-brouillard n'étaient pas allumés, je pense", a commenté le témoin. 

Des déclarations d'un de ses collègues ont fini de mettre l'accusé au centre des attentions. 

Selon ce collègue, l'accusé s'est rendu de façon inopinée sur son lieu de travail à Tronchiennes (Drongen, Flandre orientale) le soir des faits. "Pourquoi conduire si loin si vous êtes inquiet? Il se disait nerveux car n'arrivait pas à contacter Carmen." Officiellement, Deriemacker venait entraîner des chiens, mais sa visite n'a finalement duré qu'un petit quart d'heure.

Le collègue a également souligné qu'il avait trouvé curieux que l'accusé se place longtemps dans le champ de vue des caméras de surveillance. Il est également allé se laver les mains à deux reprises, ce qui n'était pas dans ses habitudes. 

"Même quand il tenait deux chiens, il répondait aux appels de Carmen. Je pensais presque qu'il était né avec un GSM", a rajouté le collègue. Le soir des faits, Deriemacker n'a pourtant répondu que beaucoup plus tard aux neuf tentatives d'appel de sa compagne.

Le sac à main de Carmen Garcia Ortega n'a été retrouvé que l'après-midi du lendemain de son décès par un écolier. "Ce sac se trouvait à deux mètres des bancs de l'arrêt de bus. Il y avait un carnet, un cahier, quelques feuilles et du courrier." Le jeune a redéposé le sac, mais celui-ci a été récupéré par un chauffeur de bus TEC. "Je travaille également pour une entreprise de pompes funèbres et j'ai donc fait le lien entre le nom et la personne décédée", a témoigné le chauffeur.