Mouscron - Comines

Des incertitudes sont apparues durant le témoignage d'un expert lors du procès de Daniel Deriemacker (38 ans), accusé d'avoir tué à coups de couteau son épouse Carmen Garcia Ortega (35) en janvier 2017 à Comines. 

L'expert de l'Institut national de criminalistique et de criminologie a soudainement déclaré qu'il avait examiné un autre véhicule. Le médecin légiste ne pouvait pas confirmer l'arme présumée. L'expert en criminologie Luc Bourguignon a confirmé que certains cheveux sur l'arme appartenaient à la victime. Son examen des chaussures de l'accusé n'a rien révélé, car il n'y avait pas assez de terre pour constituer un matériel suffisant à comparer. Dans la Ford Fiesta, l'expert n'a pas non plus pu relever d'échantillon car le véhicule était propre.

L'avocat de la défense Pol Vandenbroucke a immédiatement demandé qu'une photo de la voiture en question soit présentée. "Ce n'est pas l'automobile que j'ai examinée", a déclaré l'expert face à l'image d'un véhicule moins propre. Les photos de l'extérieur de la Ford Fiesta n'ont pas convaincu l'expert non plus. "Je m'interroge, car ces photos ne me disent rien. C'est incroyable", a-t-il déclaré.

Le président de la cour, Antoon Boyen, a décidé que ce témoin et le chef des enquêteurs se représenteraient ce jeudi après-midi après avoir élucidé la question.

Le docteur légiste Grégory Schmit a réalisé ensuite un long compte rendu des blessures graves constatées sur le corps de la victime, principalement au visage. Son nez et une pommette étaient cassés. La victime présentait en outre une fracture cranienne et d'autres plus petites fractures. Selon l'expert, des bulles l'air ont dès lors pu se former et atteindre le coeur, ce qui a causé la mort rapide de la jeune femme.

Ce témoin a ensuite décrit toute une série de blessures à l'arme blanche, dont pas moins de neuf coups de couteau sur le flanc gauche de la cage thoracique. "Cela a causé des lésions au coeur, aux poumons, à l'aorte et à l'artère pulmonaire. Pas moins de 800 millilitres de sang ont été retrouvés dans la cage thoracique", a-t-il décrit. Les quatre incisions à la gorge n'étaient que superficielles.

L'arme présumée, qui a été retrouvée près du corps de Carmen Garcia Ortega, a été soumise au témoin. "Le couteau présente des crans. Mais toutes les blessures près de la cage thoraciques sont nettes. De manière générale, le couteau devrait présenter une tranche régulière. Je ne peux donc pas confirmer que ce couteau a été utilisé", a indiqué M. Schmit.

Six autres témoins ont ensuite été entendus, tous de la police locale pour la zone Comines-Warneton. Jonathan Samyn et Jennifer Butaye étaient les premiers sur place à identifier la victime. La date indiquée sur son alliance a pu être recoupée avec celle de M. Daniel Deriemacker, au nom de qui le véhicule BMW de la victime était inscrit.

Le juge d'instruction a ordonné à la police locale de prévenir M. Deriemacker du décès de sa compagne. L'accusé était tout juste de retour d'une petite tâche soudaine qu'il avait dû effectuer à son travail à Drongen. "Je l'ai appelé pour le prévenir que nous étions devant son domicile pour le rencontrer. Il a demandé si il s'était passé quelque chose, mais il n'a pas fait mention de sa femme", selon Sébastien Dauchy. Le chef de corps a lui-même communiqué l'information à M. Deriemacker dans son habitation à Houthem. "J'ai précisé que je ne pouvais pas dire quelles étaient les circonstances. Il n'a pas éclaté en sanglot, mais il a été pris de tremblements. Il ne nous a jamais demandé les détails", a témoigné le chef de corps.

Ce jeudi matin les témoins qui ont découvert le cadavre seront appelés à la barre. 

En raison des témoignages de deux analystes du comportement postposés, 25 audiences au total sont prévues.