Mouscron - Comines

Les collègues et connaissances de Carmen Garcia Ortega, qui a été tuée à coups de couteau le 10 janvier 2017, se sont succédés à la barre, ce vendredi, au procès de Daniel Deriemacker devant la cour d'assises de Flandre occidentale.

 Ils l'ont décrite comme une femme amicale et timide. "Carmen était plus enjouée que ce que l'on aurait pu penser de prime abord", a notamment témoigné son premier petit ami, Bjorn Decrock. 

Bjorn Decrock a raconté qu'il avait vécu avec la victime une relation sexuelle, ponctuée par des rendez-vous secrets à l'église de Wijtschate (Heuvelland). La liaison n'a pas été officialisée auprès de la famille de la victime car "je n'étais pas un témoin de Jéhovah. Cette relation cachée a duré quatre ans, après quoi j'ai compris qu'elle en avait assez", a déclaré devant la cour le premier petit ami de Carmen Garcia Ortega.

D'après lui, Carmen a embrassé d'autres garçons au cours de leur relation. "Ca ne fera sûrement pas plaisir à Daniel (Deriemacker, NDLR.) mais quand elle était en couple avec lui, elle a couché avec moi. Je vais être honnête: il n'a jamais été mon meilleur ami. Au jour d'aujourd'hui, je ne sais toujours pas pourquoi il nous poursuivait, ma femme et moi."

A son travail, la victime était bien considérée. "Carmen était une femme très gentille et très agréable. Travailleuse et sur laquelle on pouvait toujours compter. Elle n'était jamais absente", a indiqué Kelly Van De Steene. La témoin s'est étonnée du fait que l'accusé n'avait pas retiré les affaires du casier de sa femme après sa mort. "Il était nerveux et se sentait traqué. Il était aussi aigri du travail mené par la police".

Carmen Garçia Ortega parlait rarement de sa vie privée avec ses collègues. Sharon Lezy a toutefois soulevé qu'elle s'inquiétait des voyages de son mari aux Etats-Unis. "Elle était un peu dubitative sur le fait qu'il restait plus longtemps que prévu et qu'elle ne pouvait pas l'y rejoindre. Etait-il là pour travailler ou est-ce qu'il mijotait quelque chose d'autre ? J'ai ressenti ses doutes", a-t-elle déclaré.

Un autre de ses collègues s'est souvenu que la victime avait parlé d'une lettre de menace. "Elle ne s'est pas étendue sur le sujet mais elle y a vu un lien avec son ancien travail comme concierge à Ypres".

Plus tôt dans la matinée, le témoignage d'un enquêteur à propos de la crevaison d'un pneu du véhicule de la victime le jour du drame avait créé une certaine confusion, celui-ci semblant incapable d'affirmer avec certitude qu'il s'agissait d'un acte intentionnel. "Je ne peux pas non plus me prononcer sur l'objet qui a été utilisé. Si le pneu avait été crevé avec un couteau, l'entaille aurait été plus droite. Je pencherais plutôt pour un tournevis", a-t-il avancé.

Durant le procès, il est apparu à plusieurs reprises que Daniel Deriemacker abordait souvent l'adultère que son épouse lui aurait confessé en 2009. "Elle est ensuite allée vivre avec sa mère pendant deux semaines. Pour autant que je sache, Daniel ne l'a jamais digéré", a raconté une voisine.

Patrick B., le collègue avec lequel Carmen aurait fait des infidélités à son mari, a nié avec force avoir eu une relation avec elle. "Je n'ai jamais rien vécu de tel avec Carmen. Elle semblait parfaitement heureuse avec son mari, jusqu'à ce qu'il se pointe devant ma porte. Il m'a agressé en me demandant où était sa femme, mais je n'en savais rien."

Le président de la cour, Antoon Boyen, a dès lors décidé de demander à la soeur de l'accusé de clarifier les choses. Celle-ci aurait bel et bien vu Carmen embrasser Patrick B. "Je m'en souviens car il est très différent de Daniel", a spécifié Rebecca Deriemacker.