Camille Tonnoir, qui doit répondre d'assassinat, est responsable de ses actes, ont estimé mardi le neuropsychiatre et le psychologue auditionnés par la cour d'assises du Hainaut. L'accusé est poursuivi pour l'assassinat de son ancien beau-père commis le 11 décembre 2018 à Mouscron. Les experts ont rencontré l'accusé le lendemain des faits, séparément. Ils n'ont relevé aucun trouble mental chez Camille Tonnoir, "un homme assez expressif et bruyant", selon eux.

Rapidement, l'accusé s'est justifié, déclarant avoir tué Daniel Frantzen pour blesser la fille de la victime, qu'il jugeait responsable de ses soucis financiers. Il a affirmé avoir été mis de côté par sa compagne et être poursuivi par des huissiers à cause d'elle, sa boutique ayant été mise en faillite.

Hospitalisé en psychiatrie à différentes reprises, entre août 2014 et juillet 2015 pour dépression, Camille Tonnoir a la capacité de se rétablir très vite. Souvent, il réagit de manière impulsive à la moindre contrariété, selon les experts.

L'accusé accorde une haute importance au fait de se faire aimer, il met d'ailleurs tout en œuvre pour y arriver, selon le neuropsychiatre et le psychologue, et il ne supporte pas de se retrouver seul.

Aucun trait psychopathique n'a été mis en évidence lors de l'examen de son état mental. L'homme est même décrit comme un être sociable, avec une intelligence légèrement supérieure à la moyenne.

Le 11 décembre 2018, Camille Tonnoir a frappé son ex-beau-père à sept reprises, avec un couteau de boucher, dans le thorax. La lame a touché plusieurs organes vitaux. L'accusé, entré par effraction dans la maison de la victime située rue du Manège à Mouscron, voulait se venger de son ex-compagne dont le magasin avait été mis en faillite. Comme Camille Tonnoir s'était porté garant de cette entreprise, les huissiers menaçaient de saisir ses biens s'il ne payait pas les dettes.

Une heure avant l'assassinat, un avocat avait conseillé à l'accusé de contracter un prêt de 11.000 euros pour éponger les dettes du magasin. Camille Tonnoir a vu rouge, il est rentré chez lui pour chercher l'arme du crime et il s'est rendu chez la victime. Les faits se sont déroulé en moins d'une heure.