L'avocat général a requis, jeudi, une peine de vingt-cinq années de réclusion criminelle, au minimum, contre Camille Tonnoir, reconnu coupable mercredi de l'assassinat de Daniel Frantzen commis à Mouscron, le 11 décembre 2018. A part de légers antécédents judiciaires, l'accusateur public ne trouve aucune circonstance atténuante chez l'assassin. Si les jurés ne trouvent aucune circonstance atténuante, ce sera la perpétuité. Mercredi soir, les jurés ont rendu un verdict sans surprise, estimant que Camille Tonnoir avait prémédité son crime dès la sortie du cabinet d'un avocat chez qui il était allé chercher conseil afin de ne pas payer une dette, dont il s'était pourtant porté garant, suite à la faillite du commerce tenu par son ex-compagne, fille de la victime.

Jeudi matin, Alexandre Iwaszko, a déclaré que l'assassin ne mérite aucune circonstance atténuante compte tenu de la gravité des faits et son mobile, la vengeance, tuant Daniel Frantzen pour faire souffrir sa fille. Le magistrat a passé en revue la personnalité de l'assassin, "un homme qui a vécu avec trois femmes, les rendant toutes les trois malheureuses", "un ouvrier qui se disputait avec tous ses collègues, et parfois avec des clients".

Camille Tonnoir était connu des services de police et il a été condamné deux fois par le tribunal de police. "A son crédit, il est travailleur mais est-ce que cela excuse les gestes qu'il a commis? Il est aussi obnubilé par l'argent, colérique, violent en paroles et en actes", insiste le magistrat.

Le magistrat de l'accusation n'a remarqué aucune amorce d'amendement chez l'assassin. "Il a montré peu d'émotion lors de la reconstitution sur la scène de crime, a constaté le psychologue". L'assassin a pleuré lors du procès "uniquement quand on parle de lui en bien, pas quand on a évoqué les faits et la tristesse des victimes".

Le 11 décembre 2018, Camille Tonnoir s'est rendu chez les parents de son ancienne compagne, à la rue du Manège à Mouscron, armé d'un couteau et d'un marteau. Il est passé par l'arrière de la maison, il a brisé une porte vitrée avec son marteau et est entré dans la maison. Il a croisé le chemin de Daniel Frantzen qui descendait des escaliers. Il l'a poignardé à sept reprises, au thorax. Il a ensuite pris la fuite et s'est rendu au poste de police pour se dénoncer.