La cour d'assises du Hainaut a auditionné, mardi, tous les témoins dans le cadre du procès de Camille Tonnoir, accusé d'avoir assassiné Daniel Frantzen à Mouscron, le 11 décembre 2018. Les plaidoiries auront lieu mercredi. La défense ne plaidera pas sur la culpabilité. Mardi, la cour a auditionné les proches de Daniel Frantzen, son épouse, sa fille, son fils, sa petite-fille et son neveu qui sont parties civiles au procès. "Il a pris un mari, un papa, un papy, un ami. Il a pris toute ma vie, je ne lui pardonnerai jamais, mais il n'a pas su nous désunir. Nous sommes encore plus unis qu'avant", a déclaré la veuve devant la cour.

L'accusé a déclaré qu'il avait tué Daniel Frantzen, pour faire souffrir Virginie, sa fille qui fut sa compagne entre 2011 et 2014. Virginie a expliqué devant la cour qu'elle n'avait pas quitté Camille, après trois ans de vie commune, pour une question financière. Les crises de colère étaient fréquentes chez Camille. Après la rupture, il l'a menacée et agressée physiquement à deux reprises.

Virginie avait repris un commerce, Camille s'était porté garant du bail. Elle n'a pas osé lui parler des problèmes financiers de l'entreprise. Comme elle était excusable, le bailleur s'est retourné sur Camille pour éponger la dette.

Nancy, qui était la compagne de Camille Tonnoir en décembre 2018, confirme que cette dette a été le poison de leur relation. Les huissiers frappaient à la porte, elle a voulu sauver son patrimoine, sa voiture. Camille a estimé que c'était un acte de trahison, il a mis fin à la relation et au projet de mariage, alors qu'elle était prête à faire un crédit pour éponger cette dette dont il s'était porté caution. Matérialiste, grande gueule, l'accusé devait toujours avoir raison selon ses proches. Selon un témoin, il avait la haine envers les parents de Virginie, qu'il considérait comme étant à l'origine de leur rupture.

Par contre, selon les témoins, Daniel Frantzen était un homme simple, soucieux du bien-être de ses proches et surtout, il n'était pas cet homme "pas très courageux" décrit lundi par l'accusé. Il a travaillé toute sa vie et était bénévole à l'Excelsior de Mouscron, sur les courses cyclistes et au centre culturel Marius Staquet.

Les plaidoiries débuteront ce mercredi. Me Rivière, avocat de Camille Tonnoir, a annoncé qu'il ne plaiderait pas sur la culpabilité, l'assassinat ne fait aucun doute selon le pénaliste. Le débat sur la peine devrait avoir lieu dans l'après-midi.