La cour d'assises du Hainaut a auditionné, ce mardi, les témoins qui sont arrivés les premiers à la rue du Chien à Saint-Léger (Estaimpuis), la nuit du 22 au 23 mars 2014 quand un incendie a ravagé la ferme de Daniel Maroy (84 ans). 

Ces jeunes ont cru entendre un hurlement venant de la maison en feu, ce qui est impossible vu que l'autopsie a permis de déterminer que l'octogénaire était mort avant l'incendie. Une demi-heure avant, ils ont croisé trois suspects. Ce groupe de jeunes est passé une première fois devant la ferme. "Nous avons croisé le long de la route trois personnes qui masquaient leur visage avec une écharpe et une capuche", a expliqué un témoin. Ses amis confirment. "Ils étaient habillés de noir, ce qui était dangereux car c'était la nuit, nous avons failli les écraser", ajoute un autre témoin.

Une demi-heure plus tard, ces jeunes sont repassés devant la ferme qui était en feu. Ils ont expliqué que le feu était déjà intense et qu'il avait attaqué la charpente. Certains ont entendu un cri, comme si une personne criait à l'aide. "C'était comme un hurlement", a déclaré l'un d'eux. "Cela ressemblait à des cris de souffrance", ajoute l'un d'eux.

Ils ont tenté d'entrer dans la ferme, car ils savaient qu'un vieil homme vivait là. Ils ont ensuite confié aux pompiers de Mouscron qu'ils avaient entendu un cri venant de la ferme. "Les pompiers nous ont dit que c'était probablement le bruit de la charpente qui brûlait".

Selon le rapport du médecin légiste, Daniel Maroy était mort avant l'incendie car aucune trace de suie n'a été retrouvée dans ses voies respiratoires. Il n'a donc pas pu crier. 

Par contre, ses bêtes, qui se trouvaient dans l'étable, ont été intoxiquées. Un agriculteur est venu chercher les quatre bêtes qui étaient "affolées". Elles ont dû être euthanasiées, le 31 mars, en accord avec l'Afsca.

En avril 2014, le témoin agriculteur avait déclaré que les bêtes n'étaient pas dans un état de maigreur comme si elles avaient été sous-alimentées. "Je ne connaissais pas ces bêtes avant donc je n'ai pas pu comparer. Mais je me souviens qu'elles avaient les yeux rouges et les mamelles bleues". 

Le vétérinaire, dans son rapport de 2014, avait exclu la sous-alimentation.