Le collège est parti délibérer sur la peine. L'arrêt final est attendu dans la journée

L'avocat de Jason Piat, Me Eric Soccio, a plaidé mercredi, devant la cour d'assises du Hainaut, une peine de cinq ans avec sursis. Plus tôt dans la journée, l'avocat général avait requis une peine de vingt ans de réclusion criminelle contre le jeune homme, lui reconnaissant deux circonstances atténuantes. La veille, Jason Piat avait été reconnu coupable d'avoir commis un vol avec violence, en mars 2014, avec la circonstance aggravante de meurtre. Le 22 mars 2014, Jason Piat s'est rendu chez Daniel Maroy (84 ans) à Saint-Léger (Estaimpuis) en compagnie de Mathieu Vancraeynest dans le but de commettre un vol alors que l'octogénaire faisait ses courses dans un magasin de Dottignies, comme chaque samedi soir. Les deux jeunes, âgés de 18 ans, n'ont rien trouvé dans la maison et ont attendu que le vieil agriculteur ne revienne.

Jason Piat a alors frappé la victime à la tête avec un bâton. Déséquilibré, Daniel Maroy a chuté lourdement sur le sol. Mathieu en a profité pour lui faire les poches. Jason a encore porté des coups de poing à la victime, au sol. Les deux gamins ont ensuite pris la poudre d'escampette avec un butin de 13.000 euros.

Pour sa défense, l'âge de Jason au moment des faits est une circonstance atténuante. "Après le divorce de ses parents, il a manqué de soutien, il n'a pas été encadré", a expliqué son avocat.

Après sa libération, Jason Piat a travaillé et s'est mis en ménage avec une jeune femme. "Ils ont des perspectives d'avenir, mises entre parenthèses avec ce procès. Il a trouvé aussi un point d'ancrage dans sa belle-famille et a repris contact avec sa maman. Il s'occupe aussi de son dernier frère, dont il est le parrain".

Selon les experts, Jason Piat ne présente aucun signe de risque de dangerosité. "On a le sentiment que la peine requise est lourde mais la loi autorise une peine de cinq ans, assortie d'un sursis", poursuit l'avocat.

Le dernier avocat qui a plaidé, avant que le collège formé par le jury et la cour ne parte en délibération mercredi, fut Me Donatangelo. L'avocat caralorégien a défendu Jordan Deveuldre lors de ce procès. Mardi, ce dernier avait été reconnu coupable d'avoir incendié la ferme de Daniel Maroy, la nuit du 28 au 29 mars 2014, en compagnie de Mohamed Benbouzid et de son ami Mathieu Vancraeynest. Une peine de deux ans avec sursis avait été requise par l'avocat général.

La défense a plaidé une peine de travail pour Jordan, un jeune homme traumatisé par son séjour carcéral qui a duré deux mois. Au début du procès, Jordan avait raconté qu'il avait suivi Mathieu, son ami qui l'hébergeait, pour lui rendre service. Depuis cinq ans, il a exprimé de nombreux regrets et des remords.

Le collège est parti délibérer sur la peine. L'arrêt final est attendu dans la journée