Le procès du vol avec la circonstance aggravante de meurtre sur Daniel Maroy, un octogénaire, commis en mars 2014 à Estaimpuis a repris ce lundi devant la cour d’assises du Hainaut. 

Quatre jeunes sont accusés de vol avec circonstance aggravante de meurtre et trois d’entre eux d’incendie volontaire. Le procès a repris en l’absence de l’un des quatre accusés, Mathieu Vancrayenest. Ce dernier suit un traitement de chimiothérapie après qu’une tumeur lui a été détectée au cerveau.

Le jeune homme n’avait pas été renvoyé en prison, mardi dernier, après le tirage au sort des témoins. La cour a entendu la juge d’instruction, Jacqueline De Mol, et les enquêteurs.

Une vidéo de l’incendie qui a ravagé la ferme de Daniel Maroy, la nuit du 28 au 29 mars 2014 à Saint-Léger (Estaimpuis), a été diffusée par les enquêteurs. Ces images démontrent la rapidité et l’intensité du brasier.

L’homme qui a filmé la scène avec sa caméra Go Pro a déclaré avoir croisé trois jeunes, quelques minutes plus tôt, non loin de la ferme détruite par les flammes.

L’enquête a permis de découvrir que des produits accélérants (essence, pétrole et journaux) avaient été placés autour du corps de l’agriculteur, dont l’autopsie a confirmé qu’il était décédé avant l’incendie d’un accident coronarien “consécutif à un stress important conscient et vécu par la victime”.

L’appel aux services de secours a été donné le 29 mars 2014 à 1h14. Cinq minutes plus tard, une équipe de police de la zone du Val de l’Escaut, qui poursuivait des jeunes effectuant un rodéo en voiture sur la RN511 reliant Dottignies à la frontière française, était sur place.

“L’incendie était déjà très avancé. Les flammes atteignaient la charpente et un mur était tombé. Cinq jeunes étaient sur place, ils ont tenté d’entrer dans la ferme car ils disaient avoir entendu un cri, ce qui était peu probable vu le bruit des flammes. Ils ont aussi déclaré avoir croisé trois jeunes, dont la tête était recouverte par une capuche, circulant à pied”, a expliqué un policier.

Vers 02h30, Mathieu Vancraeyenest et Jordan Deveuldre, accusés de l’incendie, étaient près du périmètre de sécurité. “Mathieu a déclaré qu’il rentrait chez lui”, ajoute le policier.

Si la thèse criminelle de l’incendie ne faisait aucun doute, l’enquête s’est accélérée le lendemain. Un premier témoin, ami de la victime, a déclaré que Daniel Maroy avait toujours beaucoup d’argent sur lui, plusieurs milliers d’euros, et bien plus dans une boîte en fer, retrouvée dans les décombres.

Ensuite, trois témoins sont venus déclarer à la police qu’un certain J.D. avait raconté dans un café, le 26 mars, que certains de ses amis, “et d’autres de la ZUP qui circulaient dans une Golf noire”, avaient commis un vol “chez le vieux” une semaine avant l’incendie, soit le 22 mars.

J.D. s’est aussi confié à un chauffeur de bus. Il a donné les noms de Jason Piat et du fils du carrossier, soit Mathieu Vancraeyenest. Les enquêteurs ont mis la main sur les deux hommes, lesquels ont indiqué que Mohamed Benbouzid et son cousin Abdel Madjid Benbouzid, les avaient menacés de mort s’ils parlaient.

Les cousins de Roubaix sont retournés à la ferme pour voler 6.000 euros. Abdel Madjid a porté quatre violents coups de fourche à Daniel Maroy, endormi dans un fauteuil.

Quelques heures plus tôt, l’octogénaire avait été agressé par Mathieu Vancraeyenest et Jason Piat, lesquels lui ont volé 13.000 euros. Ces derniers et les deux Français sont accusés d’un vol avec violence, commis la nuit, à plusieurs, avec la circonstance aggravante de meurtre.

Rappelons que Mohamed Benbouzid, Mathieu Vancraeyenest et Jordan Deveuldre sont accusés de l’incendie volontaire perpétré la nuit du 28 au 29 mars 2014. Ils avaient 18 ans à l’époque.